Pour que l'UE parvienne à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 95 % d'ici 2050, l'électricité devrait couvrir au moins 60 % de sa consommation finale d'énergie, un objectif réalisable avec une croissance annuelle de 1,5 % de la consommation d'électricité et, dans le même temps, une diminution de la consommation d'énergie de 1,3 % par an, plaide l'association européenne de l'industrie électrique, Eurelectric, en s'appuyant sur les résultats d'une étude publiée lundi 4 juin.
« Une action décisive est nécessaire pour atteindre les objectifs fixés par l'Accord international de Paris sur le climat et elle nécessite un virage important vers l'électrification dans les transports, les bâtiments et l'industrie dans l'UE », insiste Eurelectric, qui estime qu'en tirant parti des renouvelables rentables et des progrès technologiques en matière de stockage, l'électricité pourrait aider à réduire les émissions dans tous les secteurs, ce qui rendrait l'économie européenne plus propre et compétitive.
La décarbonisation complète de l'UE d'ici 2050 nécessite un taux d'électrification de 63 % dans les transports et les bâtiments et de 50 % dans les procédés industriels, précise l'association, soulignant le rôle central des institutions européennes pour assurer la transition vers un système énergétique plus électrifié.
Compte tenu de l'hétérogénéité de leurs situations de départ en termes de bouquet énergétique, de structure économique et d'activités industrielles, les pays de l'UE auront besoin d'une approche différente pour déterminer le sentier à emprunter et le niveau d'efforts requis, ajoute Eurelectric.
En Pologne, par exemple, la décarbonisation profonde dépendra fortement de la disponibilité commerciale des principales technologies de transition, ajoute l'association.
Le secteur européen de l'électricité s'est engagé, fin 2017, à œuvrer pour une transition accélérée en vue d'être totalement neutre en carbone bien avant 2050 (EUROPE 11920). (Emmanuel Hagry)