L'Ukraine a rejeté, mercredi 11 avril, l'option envisagée par le gazier russe Gazprom de maintenir une petite partie de son transit de gaz pour l'Europe via l'Ukraine, réclamant un volume bien plus élevé.
« Notre pays n'acceptera pas les volumes » de 10 à 15 milliards de mètres cubes de gaz par an évoqués la veille par le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a averti le ministre ukrainien de l'Énergie, Igor Nassalyk, relayé par l'agence Interfax.
« Pour l'Ukraine, ce n'est pas avantageux », a poursuivi M. Nassalyk, évaluant à 40 milliards de mètres cubes le volume minimum pour assurer la rentabilité de ce transit pour l'Ukraine.
En répondant à la demande implicite de la chancelière allemande, Angela Merkel, de maintenir du transit de gaz russe à travers l'Ukraine en parallèle aux flux via les gazoducs reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique, Nord Stream 1 et 2, Gazprom s'est dit prêt, mardi 10 avril, à maintenir ce transit, mais sous conditions de volumes réduits et d'un contrat rentable (EUROPE 11999).
Mercredi, le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, a fait part au vice-président de la Commission européenne chargé de l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, de la volonté de la Russie d'assurer l'approvisionnement gazier ininterrompu de l'Europe via l'Ukraine après 2019.
MM. Šefčovič et Novak sont convenus de la tenue d'une réunion bilatérale, dont la date sera fixée ultérieurement, selon le ministère russe de l'Énergie.
Selon les statistiques ukrainiennes, Gazprom a fait transiter 93,5 milliards de mètres cubes de gaz vers l'Europe par l'Ukraine en 2017, en hausse de 13,7 % par rapport à 2016. (Emmanuel Hagry)