Au lendemain du relèvement unilatéral, le 23 mars, des droits de douane américains sur les importations d'acier et d'aluminium, dont l'UE est provisoirement exemptée jusqu'au 1er mai, la Commission européenne a répété, lundi 26 mars, être prête à discuter avec l'administration du président américain, Donald Trump, des points de friction commerciale, mais elle a rappelé exiger une exemption permanente des taxes américaines sur l'acier et l'aluminium pour l'ensemble du bloc européen.
« Lors de contacts de haut niveau la semaine dernière, nous sommes convenus de poursuivre nos réunions pour aborder cette question et d'autres questions d'intérêt commun. Nous allons maintenant voir comment rendre ces méthodes de travail opérationnelles et aller plus loin, en gardant à l'esprit que le premier problème formel est celui des surcapacités dans l'acier. L'UE et les États-Unis ont des intérêts communs dans le traitement de cette question », a indiqué un porte-parole de la Commission, Daniel Rosario.
« Voyons comment l'arrangement conclu la semaine dernière (entre la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, EUROPE 11986) fera l'objet d'un suivi dans les jours à venir », a ajouté M. Rosario.
« Nous nous attendons à ce que l'exemption (des taxes américaines) soit permanente. Mais si notre partenaire américain veut discuter de toute question que ce soit, nous sommes prêts à le faire », a-t-il conclu.
Dans le cadre du processus de pourparlers, engagé le 19 mars par son administration, sur les demandes émanant de certains pays d'être exemptés de ces mesures, M. Trump, a décidé à la dernière minute, jeudi 22 mars, d'exempter jusqu'au 1er mai l'UE, l'Australie, l'Argentine, le Brésil et la Corée du Sud, en plus du Canada et du Mexique, des tarifs de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium aux États-Unis, motivés par des raisons de sécurité nationale au titre de la 'section 232' du Trade expansion Act de 1962 (EUROPE 11988).
S'il s'est félicité que « les États-Unis reconnaissent que l'UE est une entité indivisible », le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a jugé « non-réaliste », vendredi 23 mars, le délai donné à l'UE par M. Trump pour discuter avec son administration, « vu l’ampleur des questions à régler ».
« On ne parle de rien, en principe, lorsque c’est avec un fusil sur la tempe », a renchéri le président français, Emmanuel Macron, lors du Conseil européen, vendredi.
Plusieurs dirigeants européens ont souligné, à cette occasion, qu'ils ne souhaitaient pas des pourparlers avec les États-Unis en vue d'un 'TTIP light', qui inclurait le seul traitement des barrières tarifaires.
Excédent de 120 milliards € pour l'UE en 2017. Les États-Unis et la Chine sont restés de loin les premiers partenaires commerciaux de l'UE en 2017, selon les derniers chiffres publiés lundi par l'Office européen des statistiques, Eurostat. Les échanges bilatéraux entre l'UE et les États-Unis ont atteint 631 milliards d'euros, soit 16,9 % du total du commerce des marchandises de l'UE. L'UE a enregistré un excédent de 120 milliards d'euros à l'égard de son partenaire américain. (Emmanuel Hagry)