La Commission européenne a présenté, vendredi 23 mars, son projet de plan pluriannuel pour les stocks halieutiques démersaux dans les eaux occidentales, portant sur les flottes de la Belgique, de l’Allemagne, de la France, de l’Irlande, de l’Espagne, du Portugal et du Royaume-Uni dans l’océan Atlantique. Une proposition insuffisante, selon l’ONG Oceana.
Le plan recommande de fixer des limites de capture (TAC) pour 16 espèces en fonction d’avis scientifiques actualisés et contient des mesures de sauvegarde qui seraient activées si un stock tombait en dessous des niveaux d’alerte. Parmi les espèces concernées : le merlu, le cabillaud, l’églefin, le merlan, la sole, la cardine, la baudroie, la langoustine, la dorade rose ou encore la plie. Ce nouveau plan vise notamment à remplacer cinq plans spécifiques en place : hareng de l’ouest de l’Écosse, sole de la Manche occidentale, sole du golfe de Gascogne, stock septentrional de merlu et stocks de merlu et de langoustine dans la péninsule ibérique.
Le plan permettra une certaine flexibilité dans la fixation des possibilités de pêche et la gestion des prises accessoires pour tenir compte, par exemple, des pêcheries mixtes.
Selon les estimations de la Commission, plus de 48 000 pêcheurs et 18 000 navires sont actifs dans les eaux occidentales, à la fois en eaux démersales et pélagiques.
En 2018, les possibilités de pêche dans les eaux occidentales ont été fixées à plus de 400 000 tonnes dans le cadre de la politique commune de la pêche de l’UE (PCP).
Ce plan pluriannuel est le cinquième proposé, conformément à la PCP, par la Commission européenne après ceux pour la mer Baltique, la mer du Nord, la mer Adriatique et, le dernier en date, pour la Méditerranée occidentale (EUROPE 11977).
Pour l’ONG Oceana « la Commission européenne propose de légaliser la surpêche de certaines espèces dans l’Atlantique afin de simplifier les formalités administratives » notamment en fixant des normes moins strictes pour les stocks de prises accessoires. Oceana estime de plus que ce plan de gestion, pour être efficace, devrait couvrir l’ensemble du milieu marin, y compris la protection des habitats essentiels du poisson, et non pas seulement 16 espèces. Selon l’ONG, les prises pourraient augmenter à l’avenir de 88 %, soit 200 000 tonnes, dans l’Atlantique Nord, et de 53 % soit 110 000 tonnes dans l’Atlantique Sud, si elles étaient correctement gérées.
La proposition complète est disponible via le lien suivant : https://bit.ly/2uhUdyh