Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a expliqué, vendredi 23 mars, que le rappel pour consultation de l’ambassadeur de l’UE basé à Moscou était une action inédite.
« Nous avons décidé de rappeler notre ambassadeur, d’abord pour l’informer sur les résultats du Conseil et, ensuite, pour entendre de lui ce qu’il se passe en Russie. C’est une mesure extraordinaire, nous ne l’avons jamais fait avant », a-t-il expliqué devant la presse. L’ambassadeur de l’UE en Russie devrait, lui, arriver dès ce week-end à Bruxelles.
Certains États membres pourraient aussi décider d’expulser des diplomates russes de leur territoire. « Je m’attends à ce qu’un certain nombre d’États membres prenne des mesures supplémentaires lundi (26 mars) », a ajouté le président du Conseil européen, Donald Tusk, expliquant qu’il estimait qu’il y aurait « plus d’un pays » qui prendrait des mesures, « mais pas tout le groupe ».
« La France et l’Allemagne sont d’accord pour dire qu’il y aura d’autres réactions au-delà du renvoi de l’ambassadeur de l’UE en Russie », a précisé la chancelière allemande, Angela Merkel. « Nous annoncerons dans les prochains jours de nouvelles mesures », a ajouté le président français, Emmanuel Macron. La Lituanie, la Lettonie, le Danemark ou encore l’Irlande pourraient aussi prendre des mesures.
À l’inverse, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a précisé qu’il ne pensait pas rappeler ses diplomates basés en Russie. « Nous avons décidé de ne pas le faire parce que nous sommes de l’avis qu’il est important de garder les canaux politiques et diplomatiques pour faire pression sur la Russie. Et je demande que cette décision soit respectée, nous respectons les États membres qui veulent franchir d’autres étapes », a-t-il annoncé.
Selon le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, le rappel de diplomates va faire monter les tensions entre l'UE et la Russie. « Je m'attends dans les prochaines semaines à une escalade rapide de la tension, car de nombreux États vont commencer à rappeler leur ambassadeur », a-t-il précisé. « C'est beaucoup plus dur que pendant la guerre froide, il y avait des règles à l'époque, maintenant tout le monde est si dur que je ne suis pas optimiste », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)