Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a assuré, en marge du Sommet européen, à Bruxelles, que les « éléments essentiels » des réformes judiciaires entreprises dans le pays allaient « rester en place » malgré des « concessions » faites sur les réformes. Il a aussi estimé qu’il y avait, dans le même temps, de « grandes chances » pour que les positions de l’UE et de la Pologne se rapprochent et que les positions polonaises avaient été « reçues positivement » par Jean-Claude Juncker.
Varsovie a envoyé, mardi 20 mars, sa réponse aux derniers avertissements lancés par la Commission européenne le 20 décembre sur l’État de droit. Ces concessions, c'est le parti PiS qui les a présentées jeudi 22 mars en les qualifiant de « mineures ». Ces projets d'amendements aux réformes judiciaires ne figurent toutefois pas en tant que tels dans la réponse envoyée à la Commission. Dans cette réponse, la position officielle de la Pologne n'a pas changé, a indiqué une source, même si la Commission devrait, en théorie, les prendre en compte.
Les concessions polonaises portent notamment sur les attributions du ministre de la Justice, qui avait le pouvoir de renvoyer les présidents des tribunaux sans fournir de justification. Il devra maintenant demander l'avis des juges. Elles portent aussi sur l'âge de la retraite des juges femmes et hommes, qui serait fixé à 65 ans pour les deux sexes.
La Commission a prévu de revenir devant les ministres des Affaires européennes en avril en Conseil 'Affaires générales' sur la question de l'État de droit. (Solenn Paulic)