Les vingt-sept chefs d’État ou de gouvernement de l'UE ont adopté, vendredi 23 mars, les lignes directrices sur les futures relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni à l'issue de la période de transition post-Brexit (EUROPE 11985). Ils ont aussi approuvé les termes de cette période de transition, qui s’étendra du 29 mars 2019 à fin 2020 (EUROPE 11984), et ils ont validé les progrès réalisés jusqu’ici dans l’accord de retrait britannique, notamment sur la question des droits des citoyens et du règlement financier.
Mais les Vingt-sept ont appelé à la prudence et souligné qu'en l'absence de solution viable pour l’île d’Irlande, l’ensemble des négociations ne pourraient être validées. Rien n’est conclu tant que tout n’est pas conclu, indiquent-ils en effet dans des conclusions qu'ils ont adoptées vendredi.
Les leaders européens ont d'ailleurs accueilli positivement les « assurances écrites » fournies par Theresa May concernant « l’Irlande et l’Irlande du Nord ».
Londres a en effet accepté qu'en tant que solution de dernier recours ('backstop'), l'Irlande du Nord maintiendra un alignement réglementaire avec l'Union européenne afin d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a ainsi indiqué que les Vingt-sept « évalueront » en juin les progrès sur la question irlandaise.
Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a souhaité également qu’une solution soit trouvée d’ici juin, ce qui est l’objectif du pays. Mais c’est en octobre que l’entièreté des négociations sera évaluée, a-t-il considéré.
Des discussions techniques sur la question irlandaise commenceront la semaine prochaine à Bruxelles entre les parties impliquées. Ce qui est attendu est que Londres puisse notamment mettre sur la table des « options alternatives » qui remplissent le même objectif d’éviter une frontière dure.
Les leaders européens ont aussi appelé à poursuivre les efforts concernant l’application territoriale de l’accord, « notamment en ce qui concerne Gibraltar », reprenant ainsi les exigences espagnoles sur cette question. Madrid souhaite continuer de parler de domaines d’intérêt comme le transport ou la fiscalité.
Sur les relations futures, le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, a fait état d'une « nouvelle dynamique dans les négociations », promettant l’engagement de son pays à trouver des solutions opérationnelles pour l’Irlande. La Britannique a aussi redit l’intérêt qu’aura un bon accord de libre-échange pour les deux parties.
Regrettant toujours la perspective du Brexit, la chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré que les Vingt-sept ne se laisseraient « pas diviser » dans cette seconde phase de négociations qui s'ouvrent. La « boussole » de l’UE, c'est l’« intégrité du marché unique », a commenté le président français, Emmanuel Macron.
Voir les lignes directrices : https://bit.ly/2ue8WKz (Solenn Paulic avec la rédaction)