Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a assuré, vendredi 23 mars, que M. Selmayr, son ancien chef de cabinet qu'il a fait nommer secrétaire général de l'institution européenne par le biais d'une procédure expéditive, ne démissionnerait pas.
« M. Selmayr ne démissionnera pas parce que je suis le seul à pouvoir lui demander de démissionner », a déclaré M. Juncker.
La veille, lors d'un sommet du Parti populaire européen (PPE), M. Juncker aurait averti son audience qu'il démissionnerait si M. Selmayr devait lui-même démissionner, d'après des informations parues dans Politico.
Interrogés sur le cas 'Selmayr', la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, ont dit apprécier le professionnalisme de M. Selmayr et ils ont rappelé qu'une procédure était en cours. « Ce n’est pas parce que M. Selmayr est allemand qu’il fera ce que veut le gouvernement allemand », a toutefois considéré Mme Merkel. M. Macron a admis que toute démocratie avait ses « faiblesses » intrinsèques.
La Commission avait jusqu'à la fin de la semaine pour répondre aux questions posées par la commission parlementaire du contrôle budgétaire du Parlement européen, qui souhaite faire la lumière sur cette nomination express (EUROPE 11985). Mardi 27 mars, le commissaire Oettinger répondra en personne aux questions des eurodéputés.
Quant à la question de la répartition par État membre des hautes fonctions européennes, la chancelière a noté des discussions en Allemagne faisant état d'une sous-représentation allemande dans les postes de directeur général des institutions européennes ou à la direction de groupes parlementaires.
Des Allemands président la BEI, le Mécanisme européen de stabilité et l'Autorité européenne de résolution bancaire. Les secrétaires généraux du Parlement européen, de la Commission et du Service européen d'action extérieure sont allemands. Les présidents des groupes PPE, S&D et GUE/NGL au PE sont allemands, tandis que la coprésidence du groupe des Verts/ALE est assurée par une Allemande. (Mathieu Bion avec la rédaction)