Un sentiment de déjà-vu. Une nouvelle fois, les députés européens ont débattu, mardi 13 mars, de la situation en Syrie. Et une nouvelle fois, c’est un sentiment de désespoir et d’impuissance qui a prévalu, alors que le conflit entre cette semaine dans sa 8e année.
« Nous avons vu des hôpitaux bombardés et rebombardés (…), des enfants étouffés par les gaz, (…) nous n'entendons pas de solution militaire quand les bombes créent la réalité sur le terrain, nous voyons des vétos aux résolutions du Conseil de sécurité, encore et encore, des communications de l’ONU vides de mots, encore et encore, des convois d’aide humanitaire bloqués et volés, encore et encore », a résumé Marietje Schaake (ADLE, néerlandaise). Avant d'ajouter : « N’en avez-vous pas assez de ce débat encore et encore et encore. C’est un cycle toxique, cynique, sanglant, cela doit cesser, il n’est pas trop tard pour que l’UE joue un rôle significatif et plus efficace pour la paix, la justice et la reddition des comptes. »
Tout comme Mme Schaake, plusieurs députés ont pointé du doigt le rôle des alliés de Bachar Al-Assad, Russie et Iran en tête. « [Le président russe, Vladimir] Poutine, joue à son jeu favori de pompier pyromane », a dénoncé Cristian Dan Preda (PPE, roumain), estimant que l’on ne pouvait plus parler de « guerre civile, mais d’un massacre ». « Nous sommes forcés de constater une paralysie totale de la communauté internationale, non seulement les résolutions sont violées aussitôt votées mais, pire, les bombardements se sont encore intensifiés depuis la résolution » du 24 février appelant à un cessez-le-feu.
« Tous nos efforts pour essayer de parvenir à un cessez-le-feu ont échoué. La Russie et l’Iran continuent, en tant qu’alliés du régime, à bombarder les civils, à faire tomber les armes chimiques », a ajouté son concitoyen S&D Victor Boştinaru. « Il faut suspendre toute action militaire pour que l’aide humanitaire arrive à ceux qui en ont besoin », a ajouté Fabio Massimo Castaldo (ELDD, italien).
Pour les Verts, Barbara Lochbihler (allemande) a précisé qu'« il fallait aussi demander à la Turquie de mettre fin à son intervention militaire à Afrin ». Les forces turques sont actuellement en train d’encercler la ville. (Camille-Cerise Gessant)