António Costa, le Premier ministre socialiste portugais, a plaidé pour un approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) et pour une hausse claire des ressources dont est dotée l’Union européenne, lors d’un échange avec les députés européens réunis en session plénière, mercredi 14 mars.
Se réjouissant que l’Union européenne vive « un moment quelque peu apaisé », notamment en référence à la crise économique que les États membres ont surmontée, M. Costa a toutefois appelé à ce que l’Union réponde aux attentes de ses citoyens.
Son intervention a ensuite été axée pour l'essentiel sur la solidarité et l’Europe sociale. M. Costa s’est effectivement félicité du retour de la croissance au Portugal, de la sortie de son État de la procédure de déficit excessif l’an dernier (EUROPE 11810) et de la procédure de déséquilibres macroéconomiques excessifs la semaine dernière (EUROPE 11976), tout en ayant été capable, d’après lui, d’offrir « une alternative à l’austérité » avec des politiques pour « plus d’égalité et de solidarité ». Les parlementaires européens de la gauche du Parlement (S&D, Verts/ALE, GUE/NGL) ont, à ce titre, tenu à féliciter M. Costa. Il a ensuite plaidé pour une « croissance inclusive » et sociale, seule solution pour répondre aux défis climatiques, migratoires, sécuritaires ou encore économiques.
Ce même paradigme a guidé les priorités qu’a énoncées M. Costa pour l’Union européenne. Souhaitant un approfondissement de l’UEM, il est effectivement d’avis que ce processus doit s'inscrire dans une logique de convergence entre États membres. Ceci se traduirait notamment, d’après lui, par un partage des risques bancaires ou par la mise en place d’un instrument de stabilisation pour faire face aux chocs macroéconomiques asymétriques, à l’instar de ce qu’a proposé la Commission européenne le 6 décembre dernier (EUROPE 11920). Le chef du gouvernement portugais souhaite également faire de l'Eurozone un « espace intégré, de cohésion, qui bénéficie à tous ses membres » et où ces derniers respectent les règles budgétaires.
À l’instar de ce que suggère le Parlement européen (voir autre nouvelle), M. Costa s’est également prononcé pour une hausse des ressources mises à disposition du budget de l’UE pour que cette dernière puisse mettre en œuvre des politiques au bénéfice des citoyens. Cela passe, pour lui, par une hausse des ressources propres et des contributions nationales. Cette approche a été saluée par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et par une majorité des députés européens. Alors que la Commission européenne présentera sa proposition quant au cadre financier pluriannuel post-2020 le 2 mai prochain (EUROPE 11959), M. Costa se positionne contre des coupes dans les budgets de la Politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion.
M. Costa a conclu son intervention en évoquant la « difficulté de la tâche » à accomplir pour répondre aux actuels défis économiques, sociaux, environnementaux et sécuritaires, mais « rien n’est insurmontable », d’après lui. (Lucas Tripoteau)