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Bulletin Quotidien Europe N° 11972
EMPLOI - SOCIAL - CULTURE / Culture

Le budget d'Erasmus+ doit au minimum doubler, estime M. Navracsics

Le commissaire chargé de l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et le Sport, Tibor Navracsics, planche actuellement sur deux initiatives : la préparation d'un paquet pour la jeunesse et les enveloppes budgétaires après 2020 pour les programmes relevant de son portefeuille. Il a évoqué pour EUROPE ces deux initiatives prévues pour mai, mercredi 28 février à Sofia en marge de la réunion informelle des ministres de la Culture (EUROPE 11971). Le budget d'Erasmus+ devrait être fortement augmenté mais, en échange, la future rubrique du budget dédiée aux programmes de mobilité pourrait accueillir Europe Créative (Propos recueillis par Sophie Petitjean).

Agence Europe - Est-ce que la culture et l’éducation auront une bonne place dans le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020 ?

Tibor Navracsics - Nous avons reçu la promesse du commissaire responsable du Budget, Günther Oettinger, que le budget d’Erasmus+ ne sera pas réduit.

A priori, comme les États membres ont reconnu qu’il s’agissait d’un des programmes les plus importants et les plus populaires de l’UE, il sera même augmenté (EUROPE 11968). (…) Nous sommes en train de rédiger les propositions pour le prochain cadre financier pluriannuel, qui seront publiées en mai.

Selon les premières moutures, il y a une certaine marge de manœuvre pour que, au minimum, la Commission européenne double le budget d’Erasmus+. Mais nous pouvons envisager une plus grande augmentation (6 fois plus ou quelque chose comme ça). Plusieurs scénarios circulent et dépendront du niveau de l'augmentation.

Et quels sont ces scénarios ?

Nous envisageons deux manières d’augmenter l’accessibilité du programme, si nous avons a plus d’argent. Nous voudrions réintroduire le programme de mobilité collective pour l'enseignement secondaire (qui existait avant sous l’appellation Comenius, NDLR) et rendre Erasmus+ plus inclusif. Il devrait être plus accessible pour les étudiants issus de milieux défavorisés ou de zones rurales.

Est-ce que le budget du programme Europe Créative sera lui aussi augmenté ?

Pour l’instant, nous débattons encore de questions structurelles : la culture doit-elle être placée sous la même rubrique (‘heading’) que l’éducation et la jeunesse ? Nous voudrions voir la culture sous cette rubrique qui se concentre sur le capital humain et les jeunes.

Mais certains États membres et certains commissaires préfèrent garder la culture dans une rubrique différente, un programme numérique ou autre chose.

Quant au budget, il n’est pas encore consolidé. Nous sommes toujours en train de négocier.

Est-ce que le sujet a été discuté en marge de la réunion informelle par les ministres ?

Non. Nous avons seulement débattu du rôle de l’éducation, du renforcement de l’identité européenne et du rôle des jeunes.

Vous allez présenter en mai des mesures pour promouvoir l'apprentissage des langues étrangères. N'est-ce pas une vieille mesure ?

Je pense qu'il y a un élan nouveau qui vient de deux sources : le discours de Macron à La Sorbonne (EUROPE 11870) et les conclusions du Conseil européen sur le rôle de l’éducation et de la culture pour renforcer l’identité européenne (EUROPE 11927).

Par ces temps difficiles, les chefs d’État ou de gouvernement ont pris conscience qu’il faut faire quelque chose au niveau européen pour renforcer l’identité européenne parce que la mission essentielle et principale de l’intégration européenne a été questionnée.

Malgré ces déclarations, les ministères des Finances ne sont-ils pas souvent réticents à consacrer davantage de moyens à l'éducation ?

On pourrait avoir davantage de financements issus d’Erasmus+ pour des projets spécifiques encourageant les États membres à promouvoir l’apprentissage de deux langues étrangères dans leurs curricula nationaux. Et bien sûr, la Commission peut les encourager, mettre en place des coalitions et générer une masse critique pour encourager les États membres les plus réticents.

A également eu lieu à Sofia la réunion UE/ASEM des ministres de la Culture. En termes de relations extérieures, où en est votre proposition sur la lutte contre le trafic de biens culturels ?

C’était un exercice conjoint avec le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Les négociations sont en cours. Il y a plusieurs questions ouvertes au Conseil : des questions d’ordre juridique, de protection des données.

Nous aimerions que les moyens de lutter contre ce type de trafic soient plus efficaces, mais certains États membres sont inquiets que cela empiète sur leurs compétences.

Mais le dossier avance, donc j’espère que nous trouverons une solution dans un futur proche. Sous présidence bulgare du Conseil de l'UE, si nous sommes optimistes.

Des négociations interinstitutionnelles sont en cours sur la fin du blocage audiovisuel. Auriez-vous souhaité, comme M. Ansip, aller plus loin ?

Notre proposition reflète un consensus au sein du Collège. C’est notre position officielle. Je ne veux pas aller au-delà de ma fonction. Andrus Ansip est un homme ambitieux… S’il devait y avoir une nouvelle position, nous devrions négocier.

N'êtes-vous pas vous-même ambitieux ?

Nous avons des sensibilités différentes. Il est responsable du marché unique numérique et moi, des acteurs culturels. Il nous faut trouver une voix commune, un dénominateur commun.

Le Premier ministre de votre pays, Victor Orbán, ne veut pas que la culture hongroise se mélange à d’autres. Que vous inspire cette réflexion ?

Je pense qu’il faisait référence à la pression migratoire non désirée. C’est une question nationale. Il y a un débat au niveau européen aussi sur le rôle de la migration et la manière de gérer cette question.

Je ne pense pas que M. Orbán renie le fait que la Hongrie, elle-même, est un pays multiculturel. Il y a de nombreuses minorités, par exemple une communauté juive importante. Je pense que ce qu’il questionne, c’est la pression migratoire. Mais posez-lui la question. (Sophie Petitjean)

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