Les députés européens ont invité, jeudi 1er mars, les États membres à instaurer un « système de contrôle et de compensation » concernant les lieux de culte et d’enseignement, les institutions, les centres, les organisations caritatives ou les associations culturelles, dès lors que l’on peut raisonnablement suspecter qu’ils ont des liens avec des groupes terroristes.
Dans le rapport de Javier Nart (ADLE, espagnol) intitulé ‘Couper les sources de revenus des djihadistes - cibler le financement du terrorisme’ qu’il a adopté (533 voix pour, 24 contre et 43 abstentions), le Parlement souhaiterait que ces organismes communiquent dans le détail de qui ils reçoivent des fonds, que ce soit à partir de l’UE ou d’un pays tiers, et l’utilisation qu’ils en font. Selon les députés, les moyens traditionnels de transferts d’argent, tels que l’Hawala ou le Fei Ch’ien, devraient aussi être mieux surveillés, et la déclaration de toute transaction significative rendue obligatoire.
Pour couper les sources de revenus des terroristes, les pays de l'UE doivent améliorer l'échange proactif d'informations et la coordination entre les institutions financières, les services répressifs et de renseignement et les organes judiciaires grâce à une plate-forme européenne de renseignement financier antiterroriste qui pourrait être gérée par Europol et inclure une base de données des transactions suspectes, ajoutent les députés.
Ils veulent également que l’UE surveille les transactions suspectes, les cartes prépayées et les monnaies virtuelles et oblige les banques à surveiller les cartes de débit prépayées pour s'assurer qu'elles ne puissent être rechargées que par virement bancaire et sur des comptes personnellement identifiables.
Pour lutter contre le financement du terrorisme, il faut s’attaquer à ses sources de revenus, notamment le commerce illégal de marchandises, d'armes à feu, de pétrole et de drogues, d'objets culturels ou encore l’esclavage et l'exploitation des enfants, rappelle aussi le Parlement.
En outre, dans leur politique étrangère, les États membres devraient prendre en compte la participation d’un État au financement du terrorisme dans leurs relations avec celui-ci, selon les députés. (Camille-Cerise Gessant)