Le nom des 30 membres titulaires de la commission spéciale du Parlement européen chargée de faire la lumière sur la procédure d’autorisation des pesticides dans l’UE après le renouvellement controversé de l'autorisation de la licence du glyphosate est désormais officiel.
L’adoption par le Parlement européen de la liste des trente noms issus de tous les groupes politiques (neuf PPE, huit S&D, trois CRE, trois ADLE, deux GUE/NGL, deux Verts/ALE, deux ELDD, un ENL) est passée comme une lettre à la poste, jeudi 8 février à Strasbourg. Et pour cause, pas un nom n’a été changé par les groupes politiques sur la liste qu’EUROPE avait publiée mercredi (EUROPE 11956).
S’agissant du futur nom de cette commission spéciale, il en va autrement : c'est un véritable casse-tête. Une seule chose est quasiment sûre : elle ne devrait s’appeler ni la commission ‘PEST’ (pour pesticides ou nuisibles en anglais), comme l’avait baptisée hâtivement le groupe S&D, ni la commission ‘GLYF’ (pour glyphosate) comme le souhaitait l’administration du Parlement.
« PEST sonne durement aux oreilles des Britanniques et des Néerlandais », expliquait jeudi une source.
Brainstorming. La conférence des présidents de groupe du Parlement s’est emparée jeudi de cet épineux problème, qui, s’il semble anodin, n’en est pas moins révélateur de dissensions politiques entre droite européenne et forces progressistes.
Le PPE, favorable à une commission spéciale, mais soucieux de ne pas épingler les pesticides et une entreprise en particulier, est monté au créneau pour refuser tant l’un que l’autre nom.
La conférence des présidents s’est conclue sur une proposition qui n’a convaincu personne : la commission 'AUTH' (pour autorisation, en anglais), avec une invitation faite aux administrateurs de proposer mieux.
Le brainstorming entamé se poursuit. Des suggestions ont fusé, comme la commission 'MONS' (pour Monsanto), dont l'eurodéputée française, coordinatrice du groupe PPE au sein de la commission spéciale, Angélique Delahaye, ne veut en aucune façon ; la commission 'AUPE' (autorisation des pesticides), la commission 'EVAL'. Mais aucun pronostic n’est donné gagnant.
« Le nom de cette commission devra, en tout état de cause, refléter les objectifs d’évaluation que nous nous sommes fixés sur la transparence des agences, le processus d’autorisation et l’usage des pesticides en Europe », a commenté l'eurodéputé français Éric Andrieu (S&D) dont la mobilisation pour l'établissement d'une commission d'enquête ou spéciale remonte à avril 2017, après les révélations des Monsanto Papers.
Il reviendra à la conférence des présidents de groupe de trancher. Il a fallu plus de 9 mois pour que les efforts déployés par les eurodéputés de gauche (S&D, GUE, Verts) accouchent d’une commission spéciale, dotée d’un mandat très précis, pour neuf mois, à compter de sa réunion constitutive.
Il faudra sans doute une semaine de plus pour baptiser cette commission en quête d'un nom qui convienne à tous les groupes politiques et puisse aussi parler au grand public. (Aminata Niang)