Le processus des pourparlers agricoles de l'OMC à Genève s'est soldé, lundi 4 décembre, par un constat d'échec, à la veille de la 11ème conférence ministérielle de l'OMC, du 10 au 13 décembre à Buenos Aires, avec des résultats attendus limités à des décisions possibles sur les stocks alimentaires et sur les restrictions à l'exportation, et seulement à un programme de travail post-Buenos Aires sur la réforme des soutiens internes. L'Australie juge « catastrophique » pour le commerce agricole l'absence d'une percée sur ce dossier.
Dans son rapport de progrès avant le départ pour Buenos Aires cette semaine, le président du comité des pourparlers agricoles à l'OMC, l’ambassadeur kenyan, Stephan Karau, a dit, lundi 4 décembre, voir des « motifs » de parvenir à un accord sur la question de la constitution de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire (public stockholding for food security purposes) et sur les interdictions et restrictions à l'exportation. M. Karau a aussi estimé « envisageable » une décision sur la question du coton.
Concernant les stocks publics, M. Karau a estimé qu'une solution permanente fondée sur la décision intérimaire de la conférence ministérielle OMC de Bali en 2013 - où les pays du G33 emmenés par l'Inde ont obtenu une 'clause de paix' qui autorise les pays en développement à stocker des produits agricoles en dépassant les limites fixées par l'OMC pour le soutien interne - était « la plus susceptible d'attirer la convergence ». « Un résultat est possible à Buenos Aires, mais il faudra un travail sérieux », a-t-il prévenu.
Pour les autres sujets, M. Karau a recommandé aux membres de « rechercher un résultat limité » sous la forme d'un programme de travail post-Buenos Aires, incluant le soutien interne (domestic support), l'accès aux marchés et les autres questions de concurrence à l'exportation (export competition).
De nombreux membres ont déploré l'absence de progrès sur le soutien interne et dit vouloir porter le sujet à l'attention des ministres du Commerce à Buenos Aires.
L'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada ont insisté sur le souhait de voir limiter le soutien interne généralisé ayant des effets de distorsion des échanges. L'Australie a indiqué que, selon ses calculs, les pays membres bénéficiaient de soutiens faussant les échanges allant jusqu' à 1 000 milliards de dollars et que même une utilisation partielle de ces droits pourrait être « catastrophique » pour le commerce agricole.
Enfin, l'espoir d'un accord sur le mécanisme spécial de sauvegarde (special safeguard mechanism) en agriculture pour les pays en développement, qui leur permettrait de relever leurs droits de douane en cas de hausse soudaine et massive des importations, est faible, compte tenu des « divergences considérables » entre les positions de négociation des membres, selon M. Karau. (Emmanuel Hagry)