login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11919
Sommaire Publication complète Par article 16 / 30
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

L’UE et Washington promeuvent leur coopération, mais les sujets de discorde sont nombreux

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le Secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, ont souligné, mardi 5 décembre, l’importance de la coopération et du partenariat entre l’UE et les États-Unis, alors que les sujets de désaccord sont nombreux.

Devant la presse, Mme Mogherini a expliqué que sa rencontre avec M. Tillerson et le déjeuner organisé avec les ministres des Affaires étrangères européens confirmaient « l’importance que l’UE et les États-Unis attachent à leur partenariat et coopération étroits », et permettaient de « renouveler collectivement leur engagement à une coopération étroite sur de nombreux sujets ». Selon le Secrétaire d'État, le partenariat transatlantique est « de longue date, fondé sur des valeurs partagées et des objectifs partagés pour la sécurité et la prospérité » des deux blocs.

À leur arrivée, plusieurs ministres ont cependant souligné les différences de point de vue de part et d'autre de l'Atlantique. Ainsi, le Lituanien Linas Linkevicius a reconnu que « ce n’était pas un secret qu’il y avait quelques contradictions, divergences de vues sur certaines questions importantes ». Pour son homologue allemand, Sigmar Gabriel, la rencontre avait pour objectif de « tout faire pour ne pas trop nous éloigner les uns des autres ». « Nous avons besoin les uns des autres en dépit des irritations récentes », a-t-il expliqué. Le Belge Didier Reynders a souhaité des rencontres ministérielles UE-États-Unis deux fois par an, afin de « montrer que la relation continue et que l’on veut la renforcer ».

L’UE dénonce la position américaine sur Jérusalem

N'omettant pas les divergences, Mme Mogherini a, à demi-mot, dénoncé la possible reconnaissance par Washington de Jérusalem en tant que capitale indivisible d’Israël. « L’UE soutient la reprise d’un processus de paix significatif en vue d’une solution à deux États. Nous croyons que toute action qui pourrait affaiblir les efforts devrait absolument être évitée », a-t-elle souligné. « Une voie devrait être trouvée dans le cadre des négociations pour résoudre la question du statut de Jérusalem en tant que future capitale des deux États et, donc, pour que les aspirations des deux parties puissent être satisfaites », a-t-elle ajouté, précisant que la question serait aussi discutée avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, attendu lundi 11 décembre à Bruxelles, et au début de l’année prochaine avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Mme Mogherini a aussi expliqué que l’UE allait continuer à travailler avec les partenaires internationaux et régionaux, y compris le Quartet – dont font partie les États-Unis – en vue de la reprise des négociations.

Autre sujet sensible : l’accord sur le nucléaire iranien, alors que le Congrès américain doit décider, dans les prochaines semaines, de prendre, ou non, de nouvelles mesures à l’encontre de Téhéran. « Une mise en œuvre continue de l’accord est une priorité stratégique essentielle pour la sécurité de l’UE, de la région et du monde entier », a rappelé Mme Mogherini. Si elle a reconnu qu’il y avait d’autres questions qu’il fallait aborder concernant l’Iran – son rôle dans la région et ses tests balistiques – la Haute Représentante a rappelé que ces questions étaient en dehors de l’accord. « L’UE a la volonté de travailler en étroite collaboration avec les États-Unis sur ces questions, sur la base d’une mise en œuvre continue de l’accord sur le nucléaire par Washington », a-t-elle annoncé. « Démanteler un accord sur le nucléaire qui fonctionne (…) ne nous donnera pas une meilleure position pour discuter de tout le reste, au contraire », a estimé la Haute Représentante. Tout en soulignant les « efforts conjoints » de l’UE et des États-Unis pour que l’Iran respecte pleinement les termes de l’accord nucléaire, M. Tillerson a ajouté qu’il fallait « reconnaître que les Iraniens mènent des actions de déstabilisation de la région », prenant l’exemple du Yémen, de la Syrie ou le soutien au Hezbollah. « Ces actions ne peuvent pas être ignorées et ne peuvent pas rester sans réponse. Nous avons l’intention de continuer à agir pour que l’Iran comprenne que ce n’est pas acceptable pour nous et nous nous attendons à travailler avec les partenaires européens sur ce sujet également », a-t-il ajouté, estimant qu’il s’agissait d’une menace envers les valeurs partagées de l’UE et des États-Unis.

Expliquant que le déjeuner avec les ministres, qui s’est tenu après la rencontre avec la presse, porterait aussi sur la coopération dans les forums internationaux, la Haute Représentante n'a pas non plus manqué de rappeler le soutien fort et fiable de l’UE au système multilatéral. Après son retrait de l’Unesco et de l’Accord de Paris sur le climat, Washington a annoncé son retrait du Pacte sur les migrants le 2 décembre.

Mme Mogherini et M. Tillerson sont aussi revenus sur des sujets plus consensuels, tels que la défaite de l’organisation État islamique et la lutte contre le terrorisme, l’engagement des deux parties dans les Balkans occidentaux ou la crise en Syrie. La Haute Représentante a précisé que les deux parties estimaient qu’il était urgent d’avancer rapidement dans le processus de transition politique. Insistant sur la Corée du Nord, M. Tillerson a précisé que son pays appréciait la position déterminée de l’UE d’envoyer le message qu’elle n’accepte pas le programme nucléaire de Pyongyang et que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était un objectif commun. « La pression économique va continuer jusqu’à ce que la Corée du Nord change de cap » et s’engage pour des pourparlers en ce sens, a-t-il ajouté. Le Secrétaire d'État américain a aussi salué la coopération entre l’UE et l’OTAN, sans omettre, une nouvelle fois, d’appeler ses partenaires européens à respecter leur engagement de dépenser 2% de leur PIB dans la défense.

Selon un communiqué du Conseil, le déjeuner avec les ministres a porté, notamment, sur le processus de paix au Proche-Orient, la Syrie, l’approche envers la Russie et la coopération avec l’Ukraine et sur les tensions dans la péninsule coréenne. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES