Dénonçant les condamnations des vice-présidents du Mejlis, Ilmi Umerov et Akhtem Chiygoz, et du journaliste Mykola Semena, le Parlement européen a demandé, jeudi 5 octobre, qu'elles soient immédiatement annulées, appelant à la libération « immédiate et sans condition » des vices-présidents et à l'abandon immédiat et sans condition de toutes les charges retenues à l'encontre de M. Semena.
Les députés, dans la résolution commune des groupes Verts/ALE, ADLE, S&D, PPE et CRE, qu'ils ont adoptée, demandent des sanctions à l’encontre des agents de Crimée et de Russie directement responsables de l’inculpation et de la condamnation des trois hommes et, plus généralement, de tous les auteurs de violations des droits de l’homme, qui devraient « urgemment » répondre de leurs actes.
Les députés ont également condamné fermement les « lourdes peines » infligées « à la suite d’une mascarade judiciaire et de chefs d’inculpation discutables » à d’autres dirigeants de la communauté tatare de Crimée et à d’autres opposants à l’annexion de la Crimée par la Russie. Ils exigent donc l’annulation des décisions de justice les concernant et la libération immédiate des détenus.
Le Parlement dénonce aussi les « mesures discriminatoires imposées par les soi-disant autorités à l’encontre, en particulier, des Tatars de Crimée, les violations de leurs droits de propriété, l’augmentation des cas d’intimidation dans la vie politique, sociale et économique de cette communauté et de tous ceux qui s’opposent à l’annexion russe » et la répression à l’encontre des médias indépendants. Ils rappellent que la Russie, en tant que puissance occupante, est pleinement responsable de la protection des citoyens et des droits de l’homme.
Pour le Parlement, la Cour européenne des droits de l’homme devrait examiner « en priorité » toutes les demandes de réparation provenant de la Crimée, « puisque le système judiciaire russe ne peut prévoir et ne prévoit pas des voies de recours dans ces cas ». Il veut aussi que le représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme accorde une « attention sans faille » à la situation des droits de l’homme dans la péninsule de Crimée. Les députés invitent également le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et la délégation de l’UE en Russie à suivre de près les procès en cours et à prêter attention au traitement réservé aux personnes détenues. (Camille-Cerise Gessant)