En voyage en Libye pour la première fois depuis 25 ans, le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a exhorté, mercredi 4 octobre, à agir urgemment dans le domaine économique, en parallèle du processus politique sous les auspices de l’ONU.
« Parallèlement à [l'action] politique, il y a des actions économiques urgentes qui sont nécessaires pour rétablir la situation économique », « des mesures pratiques pour diversifier l’économie », a-t-il expliqué, alors que les revenus pétroliers représentaient en 2013, 70% du PIB. « Ces dernières années, l'énorme potentiel économique de la Libye a été miné par la tourmente », a-t-il rappelé.
Le commissaire a rappelé que l’UE avait déjà mis à disposition du pays 300 millions d’euros. Cela comprend notamment 120 millions consacrés à 37 projets dans les secteurs de la société civile, la gouvernance, la santé, l’éducation et la jeunesse, la migration et la protection, et le soutien au processus politique, à la sécurité et la médiation, un soutien à des projets liés à la migration (autour de 162 millions d'euros) et environ 30 millions d'euros en aide humanitaire depuis le début de la crise. M. Hahn a également annoncé que la Libye pourrait bénéficier du nouveau Plan d’investissement extérieur de l’UE, qui pourrait permettre de lever jusqu’à 44 milliards d’euros d’investissements privés, aux côtés d’investissements publics, en Afrique et dans le voisinage européen de l’UE. « Nous voulons être le partenaire numéro 1 dans la stabilité du pays, le soutien à la création d’emploi et aux activités des PME », a-t-il expliqué.
Le commissaire a précisé que l’UE ferait tout son possible pour améliorer ses relations avec la Libye et pour créer un « partenariat d’égal à égal ». « Nous voudrions voir de nouveau la Libye dans les forums internationaux comme un partenaire économique fort », a expliqué M. Hahn.
M. Hahn a aussi annoncé que l’UE allait offrir des bourses d’études pour que de jeunes Libyens puissent venir étudier en Europe.
S’il a axé ses discours sur les aspects économiques, le commissaire n’a cependant pas omis de rappeler le soutien de l’UE au processus politique en cours mené sous les auspices de l’ONU. Pour M. Hahn, « compte tenu de la situation économique et humanitaire difficile, nous n'avons pas de temps de perdre ». « J’espère que les négociations en cours vont finalement mener à une fin du conflit et aider le pays à faire des progrès supplémentaires », a-t-il souligné. Le représentant de l'UE a ajouté que celle-ci se tiendrait aux côtés du peuple libyen dans chacune des étapes de ce processus. « La fin du conflit est nécessaire, tout comme la capacité de dialoguer et une solution pacifique », a-t-il expliqué, ajoutant que cela voulait dire qu'il fallait développer des structures démocratiques. « L’UE soutient fermement (…) le développement et la stabilisation accrus de ce pays afin qu’il retrouve le niveau de vie, la sécurité et la stabilité qu’il avait par le passé », a-t-il rappelé. (Camille-Cerise Gessant)