La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini a annoncé, jeudi 7 septembre, que l’UE allait préparer de nouvelles sanctions autonomes à l’encontre de Pyongyang.
« Nous avons décidé de potentiellement compléter les décisions supplémentaires du Conseil de sécurité des Nations Unies, donc le travail va commencer, avec des mesures autonomes », a annoncé la Haute Représentante à l’issue de la première journée de la réunion Gymnich, à Tallinn. Elle a précisé que les ministres avaient aussi décidé de soutenir des sanctions économiques supplémentaires de l’ONU et de faire en sorte que les sanctions qui seront prises soient pleinement mises en œuvre par les pays tiers.
« Notre intention est d’ajouter de nouvelles sanctions européennes », a expliqué le ministre belge, Didier Reynders, à quelques journalistes. « Nous sommes prêts à aller encore plus loin » que les sanctions éventuelles que pourrait prendre l’ONU, a-t-il ajouté. M. Reynders a, lui aussi, insisté sur la mise en œuvre des sanctions au sein de l’UE comme à l’international, précisant que, si les essais continuaient, cela signifiait « qu’il doit bien y avoir des fournisseurs quelque part ».
De son côté, le ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, a souhaité que des sanctions soient prises pour que les navires nord-coréens ne puissent plus s’amarrer dans des ports européens ni que les États membres ne permettent aux Nord-Coréens de travailler en son sein. Il y aurait 300 travailleurs nord-coréens au sein de l’UE. Interrogée sur de possibles ajouts de noms sur la liste des personnes sanctionnées en raison du programme nucléaire et balistique nord-coréen et, en particulier, celui de Kim Jong-Un, Mme Mogherini n’a pas souhaité répondre.
Sanctionner pour dialoguer
Mme Mogherini, tout comme M. Reynders ou le ministre français, Jean-Yves Le Drian, plus tôt dans la journée, ont rappelé que l’objectif des sanctions était d’amener la Corée du Nord à la table des négociations. « Il faut rester dans une capacité de dialogue et peut-être que, là, l’UE à un rôle à jouer », a expliqué le ministre belge, rappelant que l’UE l’avait fait dans le cadre du dossier iranien. Selon lui, le fait que l'Europe soit plus éloignée du théâtre des opérations peut lui donner un rôle à jouer. « La position européenne est de dire que nous sommes disponibles », a-t-il ajouté, précisant qu’il était important de discuter avec les partenaires : le Japon, les États-Unis, la Chine ou encore la Russie. « Il faut que toute initiative soit prise en concertation », a-t-il prévenu.
M. Reynders a aussi insisté sur la nécessité de faire entrer en vigueur le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (EUROPE 11571). (Camille-Cerise Gessant)