Le Royaume-Uni s'active pour jeter les bases de négociations d'accords commerciaux après sa sortie de l'UE (Brexit) : cet objectif était à l'agenda de la tournée du secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, Boris Johnson, au Japon, le 21 juillet, en Nouvelle-Zélande, le 23 juillet, et en Australie, du 25 au 27 juillet, tandis que le secrétaire d'État britannique au Commerce international, Liam Fox, a lancé, avec l'administration américaine à Washington, le 25 juillet, un groupe de travail sur le commerce Royaume-Uni/États-Unis pour poser les jalons d'un accord de libre-échange.
À Sydney, jeudi, le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, et son homologue australienne, Julie Bishop, ont annoncé que le Royaume-Uni et l'Australie stimuleraient leurs relations en matière de commerce, de défense et de partage de renseignements.
« Alors que nous procédons à la sortie des accords avec l'UE, nous allons élargir nos horizons et travailler encore plus étroitement. Nous avons réaffirmé notre objectif commun de conclure un accord de libre-échange dès que possible après notre départ de l'UE », a commenté M. Johnson, précisant que tout accord comprendrait un régime de visa « ouvert et généreux » pour les Australiens cherchant à se rendre au Royaume-Uni.
M. Johnson et Mme Bishop ont donné peu de détails sur l'impact d'un accord commercial. M. Johnson a toutefois invité son pays à « ne pas craindre le vin australien » tout en pointant du doigt les tarifs douaniers australiens sur le whisky écossais.
À Wellington mardi, M. Johnson a assuré que la Nouvelle-Zélande serait « sans doute parmi les premiers pays » à nouer un accord commercial avec le Royaume-Uni. « Le Brexit n'est pas, n'était pas et ne sera pas synonyme d'un Royaume-Uni tournant le dos au monde », avait-il insisté.
À Washington, mardi, où il a lancé avec le représentant américain au Commerce international, Robert Lighthizer, un groupe de travail sur le commerce Royaume-Uni/États-Unis visant à jeter les bases d'une négociation en vue d'un accord de libre-échange « ambitieux », le secrétaire d'État britannique au Commerce international, Liam Fox, a reçu un accueil positif, le président américain, Donald Trump, annonçant qu'un accord commercial « majeur » se profilait.
« Nous travaillons sur un accord de libre-échange majeur avec le Royaume-Uni. Il pourrait être énorme et excitant. Des emplois ! L'UE est très protectionniste vis-à-vis des États-Unis. Stop ! », a commenté M. Trump, dans un message enflammé sur son compte Twitter.
« Les États-Unis sont notre partenaire commercial le plus important; donc, nous avons une base solide pour construire », a commenté M. Fox à propos de la constitution du groupe de travail sur le commerce américano-britannique, qui représente 168 milliards de livres par an.
En matière d'investissement, les États-Unis sont la plus grande source d'investissement étranger au Royaume-Uni et les deux pays ont investi environ 1 milliard de dollars (0,85 milliard d'euros) dans l'économie de chacun, a rappelé le service de presse de M. Fox.
Le Royaume-Uni, dont les échanges internationaux portent chaque année sur près de 700 milliards de livres (784 milliards d'euros), dont la moitié avec l'UE, multiplie les initiatives depuis plusieurs mois outre-Atlantique, dans les pays du Commonwealth et en Asie, accélérant le rythme afin de répondre au souhait de son Premier ministre, Mme Theresa May, de faire du pays un leader du libre-échange une fois sorti de l'UE.
La route sera longue pour le Royaume-Uni qui se voit interdit par les règles d'adhésion à l'UE de négocier des accords de libre-échange avec d'autres pays tant que sa sortie du bloc ne sera pas concrétisée, soit pas avant mars 2019.
En outre, les initiatives du gouvernement britannique s'accompagnent de craintes qu'il soit prêt à accepter des concessions importantes, notamment en matière sanitaire, pour conclure des accords commerciaux, comme l'illustre la polémique sur le poulet américain traité au chlore, que Londres est suspecté de vouloir autoriser.
Mardi, M. Fox n'a pas formellement démenti, estimant que cette pratique ne posait « pas de problème pour la santé ». Un jugement tempéré par son collègue britannique chargé de l'Environnement, Michael Gove, qui a promis que Londres « ne remettrait pas en cause ses pratiques concernant le bien-être animal ou l'environnement dans le but d'obtenir un accord commercial ». (Emmanuel Hagry)