Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé, jeudi 27 juillet, la présentation en septembre de lignes directrices sur la façon d'appliquer les règles européennes de sûreté alimentaire afin de mettre fin au double standard dans la qualité des denrées alimentaires dans l'UE.
« La Commission ne considère pas cette question comme un problème mineur. Nous avons décidé de publier en septembre des orientations sur la façon d'interpréter la législation en matière de sûreté alimentaire », a-t-il déclaré. Objectif : permettre aux États membres et aux autorités nationales compétentes de comparer la qualité des produits alimentaires et, le cas échéant, leur indiquer comment sanctionner les auteurs d'infractions.
La Commission a indiqué avoir rassemblé des informations provenant de 21 États membres sur la question du double standard dans la qualité des denrées alimentaires. Elle élaborera une méthodologie sur la façon de comparer la qualité des denrées alimentaires.
Le commissaire à l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, a fait état de « pratiques différentes selon les États membres sur la façon d'imposer des amendes s'ils découvrent des pratiques commerciales déloyales ».
N'excluant pas la mise en chantier future d'un texte législatif, M. Juncker a rejeté l'idée selon laquelle il y aurait, en Europe centrale, « des citoyens de seconde zone » qui achèteraient des produits alimentaires ou de grande consommation au prix fort alors que leur qualité serait moindre par rapport à celle stipulée sur les emballages.
Ayant fait le déplacement à Bruxelles pour défendre la position des pays de Visegrád sur ce dossier du double standard dans la qualité des denrées alimentaires (EUROPE 11833), le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a estimé que les pratiques en cause devaient cesser. Il a évoqué des produits à base de viande censée provenir du porc, mais contenant des rebuts de poulet, du chocolat qui, vendu au même prix et dans le même emballage, était de qualité moindre en Slovaquie qu'en Autriche. Même chose pour de la poudre à machine à laver qui contiendrait 20% d'agents actifs en moins.
« D'abord des décisions doivent être prises au niveau des producteurs », a-t-il estimé, évoquant la possibilité pour son gouvernement de prendre des mesures unilatérales en cas d'échec des démarches menées au niveau européen.
Sommet des consommateurs. Le Premier ministre slovaque a vu d'un bon œil l'idée d'organiser un sommet de la consommation à Bratislava en présence d'organisations de consommateurs, de producteurs, de distributeurs et des autorités publiques compétentes. (Mathieu Bion)