Le Comité des régions (CdR) a adopté, mercredi 12 juillet, ses recommandations sur la politique agricole commune (PAC) post-2020 qui devra être dotée d'un budget suffisant.
Le rapporteur, Guillaume Cros (PSE, français), vice-président du Conseil régional d'Occitanie, a souligné notamment le besoin de réguler les marchés agricoles, non seulement pour prévenir les crises sectorielles mais aussi parce que cela coûte beaucoup moins cher que d’intervenir a posteriori. Il préconise aussi une répartition plus équitable des paiements directs, car 80% des exploitations agricoles reçoivent seulement 20% des paiements directs.
Pour le CdR, le budget de la PAC doit être maintenu à un niveau suffisant. Il rejette l’idée d’un cofinancement du premier pilier de la PAC. Cette idée a récemment été évoquée par la Commission européenne dans son document de réflexion sur l’avenir des finances de l’UE (EUROPE 11818). Faire cela reviendrait à renationaliser la PAC, pèserait sur les budgets des régions et défavoriserait les États plus pauvres de l’UE, estime le comité.
Concernant les paiements directs, liés à la superficie, les élus locaux préconisent de les plafonner et de les moduler, en tenant compte des actifs sur l’exploitation. L'objectif est notamment de soutenir les petites exploitations familiales et l’installation des jeunes agriculteurs. Le CdR appelle, par ailleurs, à une réduction de l’écart des niveaux de paiement direct entre les exploitations agricoles et entre les États membres.
Autre recommandation forte : l'UE, première importatrice et exportatrice de denrées alimentaires, doit peser au niveau international pour modifier les règles actuelles du commerce international agricole et garantir des conditions d’équité dans les accords commerciaux conclus avec les pays tiers.
« La question environnementale doit cesser d’être un lieu de bataille entre agriculteurs et environnementalistes. Les enjeux de sûreté alimentaire, de santé publique, de biodiversité, de ressources hydriques, de fertilité des sols et de changement climatique sont les mêmes pour tous », prévient Guillaume Cros.
Les élus locaux recommandent un renforcement des mesures bénéfiques au climat et à l'environnement, à travers notamment la rotation des cultures, le maintien de l’interdiction du labour des prairies permanentes, et des zones d’intérêt écologique sans culture ni utilisation de produits phytosanitaires.
Le CdR prône un renforcement des crédits du second pilier (développement rural) de la PAC, et une plus grande marge de manœuvre donnée aux États membres pour transférer des fonds du premier au second pilier. (Lionel Changeur)