Le ministre italien de l’Intérieur, Marco Minniti, a proposé à la Libye un pacte contre les trafiquants d’êtres humains lors d’une visite à Tripoli jeudi 13 juillet.
« Nous ferons un pacte pour libérer nos terres des trafiquants », a déclaré le responsable italien lors d’une rencontre avec treize maires du sud libyen, a rapporté l'AFP. Pour M. Minniti, la lutte contre les trafiquants doit se faire en deux temps : la sécurité pour endiguer les trafics et le développement socio-économique et la création d’emplois. « Nous avons le devoir moral de supprimer ce trafic qui a produit des morts (...) et une pression extraordinaire et inacceptable pour mon pays », a indiqué le ministre.
Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale (GNA), a de son côté assuré M. Minniti que « la Libye (ferait) son possible (...) pour soulager la pression sur les côtes italiennes ».
Poursuite des travaux sur le code de conduite des ONG
Jeudi, l’Italie et la Commission européenne ont également tenu une réunion technique sur le code de conduite que Rome veut imposer aux ONG opérant en Mer Méditerranée afin d’y secourir les migrants venant de Libye.
La Commission a qualifié de très constructive cette réunion technique sur la rédaction d'un code qu'elle soutient pleinement. « Ce code de conduite devrait fournir plus de certitude aux opérateurs qui agissent en Méditerranée sur les pratiques professionnelles qui devraient être utilisées. Il devrait permettre aux ONG, qui adhèrent à ces principes en accord au droit international, d'être assurées d'avoir accès aux ports italiens », a indiqué Nastasha Bertaud, une porte-parole. L'existence de bâteaux d'ONG hostiles aux migrants justifie d'autant plus l'élaboration du code, selon elle.
Pour rappel, ce code de conduite impose un certain nombre d’exigences aux ONG, sous peine de ne pas pouvoir accéder aux ports italiens (EUROPE 11824). Par exemple, elles ne pourraient pas adresser de communications téléphoniques ni envoyer de signaux lumineux aux bateaux de migrants.
Faisant état de pertes de vie humaines accrues malgré la hausse du nombre de bateaux en mers pratiquant le sauvetage de migrants, elle a indiqué que la voie à suivre pour l'UE était de mieux entraîner les garde-côtes lybiens et d'ouvrir de nouvelles voies légales d'immigration via la réinstallation de réfugiés depuis la Libye et les pays voisins. (Solenn Paulic avec Mathieu Bion)