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Bulletin Quotidien Europe N° 11827
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Règlement 'Lulucf,' les eurodéputés veulent comptabiliser la gestion durable des forêts et le bois récolté

Les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen ont montré, jeudi 11 juillet à Bruxelles, qu’ils comptaient non seulement sur la plantation d’arbres, mais aussi sur « la gestion durable des forêts », des terres cultivées et des prairies existantes pour lutter contre le changement climatique.

Suivant leur rapporteur, l’eurodéputé allemand Norbert Lins (PPE), ils ont approuvé, en l’amendant dans ce sens, la proposition de règlement présentée par la Commission européenne en juillet 2016 sur la contribution de l’agriculture et de la foresterie à la lutte contre le changement climatique à l'horizon 2030. Le texte a été voté par 53 voix (9 contre et 6 abstentions).

La proposition de règlement dit Lulucf (sigle anglais pour utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie, selon le jargon de l’ONU) vise à assurer la compensation des émissions de CO2 liées à l’agriculture et aux forêts par la capacité des forêts à absorber le CO2 (puits de carbone), mais ne prévoyait pas la comptabilisation des pratiques de gestion durable des forêts. Au Conseil, les États membres se sont montrés divisés, le 19 juin dernier, seuls les grands pays forestiers étant sur la même ligne que la commission parlementaire (EUROPE 11811).

Les députés considèrent que les produits du bois récoltés comme les matériaux de construction ou les meubles devraient être comptabilisés comme des puits de carbone puisqu’ils isolent le carbone absorbé par les arbres durant leur croissance. Cela, afin d’encourager les États membres à utiliser davantage les produits du bois et à favoriser l’absorption du CO2 par le bois mort.

Pour faire bonne mesure avec cette demande dénoncée par les ONG comme une échappatoire nuisible à l'intégrité environnementale des mesures, les députés ont prévu, en contrepartie, qu’à compter de 2030, les États membres devraient augmenter le niveau d'absorption afin qu'il dépasse celui des émissions, conformément aux objectifs à long terme de l'Accord de Paris sur le climat. Ainsi, le plafond à l’utilisation des crédits forestiers passerait de 3,5% (comme le propose la Commission) à 7%, afin d’autoriser les crédits supplémentaires auxquels ces catégories de produits ouvriraient droit.

Les États membres seraient tenus de déclarer leurs émissions chaque année, l'objectif étant de parvenir à un équilibre entre émissions et absorptions de CO2 pour les périodes 2021-2025 et 2026-2030. Si un État membre ne respectait pas ses engagements au cours de l’une des deux périodes, la différence serait déduite de son allocation de crédits au titre du règlement sur la répartition de l’effort de réduction des émissions de CO2 dans les secteurs hors ETS.

Le Parlement européen se prononcera sur ce dossier en septembre. La Présidence espère, pour la même échéance, parvenir à un compromis pour que puissent débuter les négociations en trilogue. (Aminata Niang)

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