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Bulletin Quotidien Europe N° 11827
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POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Le secteur de l’aviation s’inquiète des conséquences du Brexit

Invités à une audition en commission ‘transports’ du Parlement européen, mardi 11 juillet, des représentants du secteur de l’aviation ont fait part de leurs craintes pour le secteur quant à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les incertitudes sur les conséquences du Brexit dans l’aviation sont réelles, à en croire les participants à cette audition. Et ce, d’autant plus qu’aucun accord transitoire ne semble avoir été envisagé par l’Union européenne et le Royaume-Uni.

C’est Michael O’Leary, le président directeur-général (PDG) de la compagnie irlandaise à bas prix, Ryanair, qui a été le plus alarmiste sur le sujet. Selon lui, aucune « perspective réelle » ne s’offre aux acteurs de l’aviation, faute de cadre juridique. Il considère effectivement qu’en l’état actuel des choses, si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, il devra également quitter le Ciel unique. Il envisage ainsi d’annuler des vols et de rapatrier des aéronefs basés dans des aéroports britanniques vers des aéroports de l’Union européenne.

Bien que moins péremptoires, les autres participants invités à s'exprimer sur les conséquences du Brexit dans le domaine de l’aviation pointent également des implications économiques et sociales réelles, tant pour les entreprises que pour les citoyens de l’Union et les ressortissants britanniques. Kevin Toland, le PDG de l’aéroport de Dublin, a, par exemple, tenu à mettre en avant la dépendance aérienne de l’Irlande vis-à-vis du Royaume-Uni et les conséquences extrêmement néfastes que pourrait occasionner le Brexit pour son pays. Son aéroport observerait d’ailleurs déjà une baisse du trafic aérien vers l’Irlande.

De même qu’une sortie pure et simple du Ciel unique rendrait les vols entre l’Union et le Royaume-Uni problématiques, Sean Kennedy, représentant d’Airlines for America, a également relevé que les vols entre le Royaume-Uni et des pays tiers ou le simple survol de l’espace aérien britannique ne pourraient avoir lieu dans un premier temps. Et ce, puisque les Britanniques ne seront plus partie aux accords bilatéraux entre l’UE et les pays tiers.

Les intervenants ont également relevé les dépendances réciproques entre aéroports régionaux et compagnies aériennes (souvent à bas prix) sous pavillon britannique. Pour Franck Goldnadel, représentant de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, de nombreux aéroports subiront ainsi sûrement des conséquences regrettables.

Tous semblaient par ailleurs unanimes quant à la nécessité pour le Royaume-Uni de rester membre de l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) dont la révision des statuts est actuellement en cours de négociation entre des représentants du Parlement européen et du Conseil de l’UE (EUROPE 11721).

Si les incertitudes pèsent donc sur les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union, les participants et, en premier lieu, Willie Walsh, PDG d’International Airlines Group, considèrent que les deux parties doivent parvenir à un accord afin que les compagnies puissent opérer librement sans impacter les vols dans l’Union européenne. Et si cette situation n’est qu’hypothétique aujourd’hui, tous plaident pour la mise en place de mesures de transition pour donner une certaine visibilité aux opérateurs aériens. (Lucas Tripoteau)

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