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Bulletin Quotidien Europe N° 11775
POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

Les ministres européens sont déterminés à mieux protéger les océans contre les déchets plastiques

Protéger l’environnement marin contre la pollution par les déchets - et tout particulièrement les déchets plastiques, fléau numéro un qui tue les mammifères, les poissons et la biodiversité - est non seulement une nécessité impérieuse pour la santé des mers et des océans, mais une opportunité économique à saisir par l'UE pour progresser vers l’économie circulaire et le développement durable, ont souligné les ministres européens de l’Environnement, mercredi 26 avril à Malte.

La protection des mers et des océans a été le fil conducteur de cette réunion informelle du Conseil Environnement de deux jours, placée sous le signe des synergies entre politiques environnementale et climatique, avec le développement durable en toile de fond, à l'initiative du ministre maltais de l'Environnement, du Développement durable et du Changement climatique, José Herrera (EUROPE 11774).

« L’UE est en train d’élaborer une nouvelle stratégie sur les plastiques qui sont une composante majeure des déchets. Nous devons réfléchir au coût des mesures et au coût de l’inaction. Le coût du nettoyage a un impact sur nos économies. La viabilité économique des mesures est importante. Pour transformer une obligation en bénéfices, il faut investir dans la recherche et l'innovation », a-t-il souligné devant la presse, à l’issue de la session.

Les  ministres étaient invités à dire si la future stratégie 'plastiques' de l'UE doit, selon eux, couvrir l’ensemble de la chaîne plastique, depuis la production jusqu’à l’élimination. Ils ont répondu par l’affirmative. Tous ont, en outre, estimé que les actions menées pour combattre ce fléau peuvent donner lieu à de nouvelles opportunités économiques.

De l’avis de M. Herrera, l’échange a été fructueux, pour ces deux raisons,  et eu égard à la volonté exprimée par les ministres de voir intensifiée la lutte contre les déchets marins par une meilleure gestion,  mais aussi par  leur prévention.

D’ici à 2050, si nous ne faisons rien, il y aura plus de plastiques dans les océans que de poissons. Et 80% des déchets marins sont constitués de plastiques produits à terre, comme les sacs plastiques et les cotons-tiges, a rappelé le commissaire à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella, ravi des « idées concrètes » avancées par les ministres pour gérer les plastiques – micro ou macro-plastiques – tout au long de leur cycle de vie.

Assurant que la stratégie pour les plastiques sera présentée par la Commission européenne « avant la fin de l’année, comme le prévoit le Plan d’action pour l’économie circulaire », il a précisé qu’elle explorera les actions possibles, réglementaires ou non,  y compris  pour régler  le problème des microplastiques, issus notamment des textiles, des pneus et des cosmétiques.

Elle abordera aussi la responsabilité des fabricants, l’évaluation de la directive  concernant les sacs plastiques à usage unique, publiée en janvier dernier, fait état de progrès s’agissant de la réduction du nombre de ces déchets sur les plages. « Il faut aller au-delà pour assurer le suivi du volume de déchets dans les fonds marins et en surface », a dit le commissaire.

Il faudra aussi faire en sorte que le transport maritime soit exemplaire, a-t-il ajouté en soulignant qu'à l'avenir la collecte sélective des déchets devra être assurée à l'arrivée dans les ports, dans le cadre de la directive relative aux installations portuaires.

Le secrétaire d'État allemand à l'Environnement, Jochen Fasbarth, a souligné que les déchets marins étaient « un sujet très important que l'Allemagne a porté au G7, dont l'Italie a assuré le suivi et qui est maintenant discuté par les partenaires du G20, car c'est un problème mondial. »

Sa collègue luxembourgeoise, Carole Dieschbourg, a renchéri. « Le Luxembourg est un pays enclavé, mais nous sommes membres de la Convention Ospar parce que l’eau nous connecte tous. Protéger nos océans c’est protéger nos besoins fondamentaux », a-t-elle déclaré en rappelant les nombreux services que livrent les océans en nourriture, en écosystèmes, et le rôle qu’ils jouent dans la lutte contre le changement climatique. (Aminata Niang)

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