La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a mis en garde, mardi 21 mars, contre la menace de la montée populiste en Europe et de l'élection d'un gouvernement d'extrême droite en France, au printemps, pour la pérennité de l'accord de libre-échange UE/Canada (CETA), dont la mise en œuvre provisoire est imminente, mais qui doit aussi être ratifié par les Parlements nationaux des pays de l'UE.
Signé le 30 octobre 2016 après une crise de plusieurs semaines due à la résistance des entités fédérées belges francophones qui ont, un temps, empêché le gouvernement fédéral belge d'approuver l'accord, le CETA a ensuite été ratifié par le Parlement européen le 15 février (EUROPE 11726).
Les pays de l'UE ayant choisi qu'il soit un 'accord mixte', il doit désormais être ratifié par tous les Parlements nationaux pour entrer en vigueur de manière définitive.
« Si cela échoue, nous devrons voir quoi faire. Nous ne savons pas quel impact cela aurait parce que cela ne s'est jamais produit. Si cela devait se produire, les États membres devraient se réunir et trouver une issue à cette situation. La France est le grand test », a estimé Mme Malmström.
Tandis que l'extrême droite a été vaincue lors des élections au Pays-Bas la semaine dernière, tous les regards sont désormais tournés vers la France, où la dirigeante du Front National, Marine Le Pen, qui a remporté les précédentes élections européennes dans le pays, est en tête des sondages au premier tour.
« Si un gouvernement populiste prenait le pouvoir en France, ce serait une menace pour beaucoup de choses que nous chérissons, pas seulement les accords commerciaux. Le Front National n'est pas seulement anti-commerce, il est anti-mondialisation, anti-immigration et il s'oppose à la plupart des valeurs que la majorité d'entre nous défendent. Ce serait donc une menace réelle pour l'UE dans son ensemble », a insisté Mme Malmström.
La commissaire était à Ottawa pour discuter avec le ministre canadien du Commerce, François-Philippe Champagne, des préparatifs de la mise en oeuvre du CETA, de l'agenda commercial de l'UE et de la proposition portée par l'UE et le Canada de Cour multilatérale pour régler les litiges en matière d'investissement. (Emmanuel Hagry)