Le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, et les médiateurs du Parlement européen (PE) pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) - Ivo Vajgl (ADLE, slovène), Knut Fleckenstein (S&D, allemand) et Eduard Kukan (PPE, slovaque) - ont une nouvelle fois appelé, mardi 21 mars, à la formation urgente d’un gouvernement à Skopje.
Le pays attend toujours un gouvernement, alors que les élections ont eu lieu le 11 décembre dernier, après plusieurs reports.
« Nous appelons à la formation rapide d'un nouveau gouvernement engagé dans la mise en œuvre de réformes en retard », ont souligné MM. Hahn, Fleckenstein, Vajgl et Kukan dans une déclaration commune, publiée à l’issue d’une rencontre avec les partis politiques à Skopje. Pour les représentants de l’UE, des progrès sont attendus dans les prochains jours : « Nous devons voir, dans les prochains jours, une gestion sérieuse et responsable des institutions compétentes pour permettre une formation rapide d'une coalition nouvelle et solide ». Il est donc nécessaire que « tous les dirigeants du pays, y compris le Président, respectent maintenant le résultat des récentes élections », ont estimé MM. Hahn, Fleckenstein, Kukan et Vajgl. « Dans une démocratie, tout le monde doit reconnaître les majorités parlementaires », ont-ils ajouté.
Dans une interview à une télévision macédonienne, M. Hahn a rappelé que le lieu adéquat pour l'expression de l’opposition politique est le Parlement national, dans un esprit de « construction » et non d’« obstruction ».
Le commissaire et les médiateurs du PE invitent le président Gjorge Ivanov, qui refuse jusqu’à présent de donner mandat pour former un gouvernement, « à reconsidérer sa position d'urgence ». M. Hahn n'a pas pu délivrer ce message en personne à M. Ivanov, celui-ci étant à l’étranger. « Dans un moment comme celui-là, il est important d’être présent et de s'impliquer. Le rôle du président est crucial, décisif. Tout le monde attend de lui qu’il participe avec un rôle pro-actif et qu’il contribue à une solution pacifique », a souligné le commissaire dans une interview.
M. Hahn a toutefois évoqué des « annonces prometteuses » des dirigeants des partis politiques concernant le futur du pays.
Dans leur déclaration, M. Hahn et les députés européens ont aussi exhorté les parties à s'abstenir de toute action ou déclaration susceptible de favoriser les tensions interethniques ou de compromettre les relations de bon voisinage. « Personne ne devrait être tenté de jouer avec le feu », ont-ils prévenu, « profondément préoccupés » par les tensions et les discours haineux. « La liberté de réunion et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux dans les sociétés démocratiques, mais elles impliquent aussi des responsabilités », ont-ils rappelé. (Camille-Cerise Gessant)