Tomáš Boček, Représentant spécial du Secrétaire général du Conseil de l’Europe sur les migrations et les réfugiés, a publié, mercredi 22 mars, un rapport où il identifie les principaux défis à relever dans le cadre de la prise en charge spécifique des enfants.
Les enfants représentent la moitié des personnes déplacées dans le monde, précise le texte en se référant aux chiffres 2015 du Haut Commissariat aux réfugiés. En ce qui concerne l’Europe, d’autres données émanant d’Eurostat et du Service de recherches du Parlement européen déterminent que près de 30 % des demandes d’asile reçues ces deux dernières années concernaient des mineurs.
Basé sur des missions d’information menées en 2016 en Grèce, dans l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, en Turquie, en Italie et dans le Nord de la France, le rapport du Représentant spécial identifie une série de points préoccupants – parmi lesquels l’identification et la détermination de l’âge, l’enregistrement, l’accès à des procédures adaptées, l’apatridie... – et prône des mesures urgentes afin de trouver des alternatives à la rétention des enfants et garantir des conditions de vie minimales dans les camps.
À l’instar du Comité de Lanzarote du Conseil de l’Europe qui avait publié le 6 mars dernier un rapport spécifique sur les abus sexuels perpétrés à l’encontre des mineurs migrants (EUROPE 11739), le Représentant spécial préconise, par exemple, des sanitaires séparés pour les femmes et les hommes, un meilleur éclairage et des espaces adaptés aux enfants afin de les protéger d’éventuels prédateurs.
Le rapport demande également la mise en place d’un système effectif de tutelle pour les enfants isolés, l’accès à des procédures administratives adaptées ainsi qu’un soutien linguistique spécialisé.
Ce document constitue une première étape qui permettra de concentrer davantage les activités du Conseil de l’Europe sur l’accès des réfugiés et des migrants à leurs droits. Il sera suivi d’un plan d’action pour la protection des enfants migrants et réfugiés dont l’adoption doit intervenir d’ici le mois de mai prochain. (Véronique Leblanc)