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Bulletin Quotidien Europe N° 11751
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

La commission de l’agriculture du PE est consternée par l'affaire de la viande avariée brésilienne

Le débat, mardi 21 mars à Bruxelles en commission de l’agriculture du Parlement européen, sur la composante agricole des accords commerciaux en cours de négociation et à venir a été dominé par le scandale de la viande avariée au Brésil (EUROPE 11749).

Plusieurs eurodéputés ont, dans le contexte du scandale dit de la ‘carne fraca’, la viande avariée brésilienne, remis en question le bien fondé de négocier un accord commercial avec les pays du Mercosur. Ils ne comprennent pas pourquoi les contrôles aux importations en Europe n’ont pas permis de déceler une telle anomalie.

Le représentant de la Commission européenne a confirmé qu’une réunion des chefs des services vétérinaires des États membres de l'UE se tiendra vendredi 24 mars. Il a rappelé que l'institution européenne disposait déjà, avant ce scandale, d'une « politique très stricte » en matière d’importation (viande maturée désossée provenant d’établissements agréés). Il a noté que les exportations de viande brésilienne en Europe avaient « significativement diminué au fil des années ». Notamment, le Brésil n’exporte plus un gramme de viande porcine.

Renforcement des contrôles. La Commission a demandé aux pays de l’UE de renforcer les contrôles sur les importations de produits animaux en provenance du Brésil et les contrôles physiques sanitaires (prélèvement d’échantillons pour repérer des éventuelles bactéries). « Si les contrôles renforcés aux frontières soulignent qu’il y a un problème systémique, même si je fais confiance aux autorités du Brésil qui ont promis de régler la question, il y aura des conséquences », a mis en garde le représentant de la Commission.

Les Européens ont déjà demandé aux autorités brésiliennes de s'assurer que les entreprises impliquées n'exportent plus vers l'UE. Sur 21 entrepôts frigorifiques soupçonnés d'avoir commis des irrégularités, « au moins » quatre d’entre eux ont une licence d'exportation vers l'Union, a dit la Commission. Elle a donc demandé au Brésil de retirer ces établissements de la liste des opérateurs pouvant exporter vers l’UE. L'UE est « préoccupée par l’existence d’un tel niveau de corruption et de pratiques douteuses au sein de ces établissements et des services de contrôles », a conclu le représentant de la Commission.

La Commission aussi pointée du doigt. « La Commission européenne n’est pas à la hauteur de la tâche », a rétorqué John Stuart Agnew (ELDD, britannique), suggérant que des inspecteurs européens soient envoyés au Brésil, mais avec des roulements pour éviter les tentatives de corruption. « Que s’est-il passé avec les inspections que nous aurions dû mener ? Pourquoi n’avons-nous rien remarqué ? », s’est interrogée Diane Dodds (NI, britannique). José Bové (Verts/ALE, français) a demandé une remise à plat de l’expertise sanitaire brésilienne. « Les contrôles aux frontières devraient fonctionner. Or, ce n’est pas le cas », a critiqué Paolo De Castro (S&D, italien).

L’accord avec le Mercosur davantage décrié.  « Comment envisager une négociation commerciale avec un partenaire que l’on est en train de prendre la main dans le sac au niveau de la fraude ? », a questionné M. Bové. « Nous sommes assez réticents au PE à accepter un accord commercial en vertu duquel nos marchés seraient ouverts au bœuf brésilien », a souligné Mairead McGuinness (PPE, irlandaise). Pour Paolo De Castro (S&D, italien), ce scandale doit nous amener à réfléchir à l’ensemble des négociations avec les pays du Mercosur.

Un effet 'boule de neige' ? « Nous n’avons rien vu lors des contrôles en Europe », a relevé Clara Eugenia Aguilera Garcia (S&D, espagnole). Elle a noté que, parmi les quatre établissements brésiliens incriminés, figure le principal exportateur mondial de viande bovine et de volailles. Michel Dantin (PPE, français) a estimé que ce scandale risque de déstabiliser le consommateur et pourrait avoir un effet indirect sur le secteur européen de l’élevage, déjà en difficulté. « Il faudrait rassurer le consommateur et sanctionner ceux qui ont triché », a dit Eric Andrieu (S&D, français). (Lionel Changeur)

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