Les réprimandes se sont poursuivies, mercredi 22 mars, à l'encontre de Jeroen Dijsselbloem à la suite des récentes déclarations du président de l'Eurogroupe dans le quotidien allemand FAZ sur ces pays du sud de la zone euro qui demandent la solidarité des pays du Nord après avoir dépensé « tout l'argent en alcool et en femmes ».
Ces déclarations me paraissent « malencontreuses » tant du point de vue de la forme que du fond, a déclaré le ministre espagnol des Finances, Luis de Guindos, l'ancien rival de la famille politique du PPE dans la course à la présidence de l'Eurogroupe, selon El Pais. Il a espéré que M. Dijsselbloem présentera ses excuses, chose que le ministre néerlandais des Finances n'a pas faite, mardi, lors d'une discussion avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
Devant les députés européens, le président de l'Eurogroupe avait souligné l'importance de mettre sur un pied d'égalité le concept de solidarité et de responsabilité des pays de la zone euro.
Je pense que c'est une « erreur », a estimé la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager. Quant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il « a toujours fait preuve de respect et de sympathie, et même de son amour pour le flanc sud de l'Europe », a souligné le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas.
Les critiques sont venues également du propre camp du ministre néerlandais des Finances. Pour le ministre portugais des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, M. Dijsselbloem, puisqu'il n'a rien compris à ce qu'il s'est réellement passé dans les pays de la zone euro ayant fait l'objet d'un plan de sauvetage, devrait purement et simplement démissionner. « Il n'y a aucune excuse pour utiliser un tel langage, spécialement de la part de quelqu'un supposé être un progressiste. Je me demande vraiment si une personne qui a de telles convictions peut encore être considérée apte à présider l'Eurogroupe », a déclaré le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Italien Gianni Pittella.
Ces déclarations de M. Dijsselbloem interviennent alors que son avenir à la tête de l'Eurogroupe est particulièrement incertain après la lourde défaite de son parti aux élections législatives néerlandaises. Elles se télescopent avec la décision des pays de la zone euro d'intensifier, à Bruxelles, les négociations avec la Grèce sur les réformes que le gouvernement grec devra mener pour obtenir une nouvelle tranche d'aide financière dans le cadre du 3ème plan de sauvetage grec (EUROPE 11749). (Mathieu Bion)