La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a estimé, mardi 21 février, que le protectionnisme du nouveau président américain Donald Trump poussait certains pays à se tourner vers l'UE, en mettant toutefois en garde contre une guerre commerciale dans laquelle tout le monde serait perdant.
Le protectionnisme de M. Trump, qu'illustrent sa décision de retirer les États-Unis de l'accord de partenariat transpacifique (TPP) ou ses menaces de taxer les importations mexicaines ou chinoises, contribue à cette tendance, explique Mme Malmström, dans le journal allemand Handesblatt.
« Beaucoup des pays du TPP nous abordent maintenant, car ils pensent que le protectionnisme n'est pas la bonne réponse. Avec presque tous ces pays, nous négocions déjà ou nous préparons des discussions, quand nous n'avons pas déjà des accords », affirme Mme Malmström.
L'UE a conclu, négocie ou se prépare à négocier des accords de libre-échange avec dix des onze pays qui avaient signé en février 2016 l'accord conclu en octobre 2015 avec les États-Unis pour la création d'une vaste zone de libre-échange en Asie-Pacifique. Elle a déjà conclu des accords avec Singapour, le Canada et le Vietnam. Elle poursuit des négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon et pour la modernisation de son accord commercial avec le Mexique, et elle se prépare à négocier la modernisation de son accord commercial avec le Chili et des accords avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
« Notre stock (d'accords en cours de discussion, ndlr) est bien rempli », a commenté Mme Malmström, citant des pourparlers « accélérés » avec le Mexique, les pays du Mercosur et le Japon. « Nous cherchons à boucler les préparatifs internes pour des discussions avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Quant à l'accord avec le Vietnam, il doit désormais seulement être traduit », a-t-elle ajouté.
Enfin, Mme Malmström s'est montrée prudente quant à la politique commerciale américaine à venir. « Il faut voir d'abord ce que l'administration en place entreprend. Nous suivons les développements de très près, mais nous ne pouvons pas réagir à ce qui n'existe pas encore », a-t-elle souligné, disant craindre une guerre commerciale que « nul ne gagnerait » si les mesures protectionnistes envisagées étaient bien mises en œuvre. « Nous l'avons déjà vu par le passé », a-t-elle averti. (Emmanuel Hagry)