Le Parlement européen a demandé, mardi 14 février à Strasbourg, la présentation avant fin 2017 d’une proposition législative pour « protéger les lanceurs d’alerte dans le cadre des mesures à prendre dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la fraude nuisant aux intérêts financiers de l’Union ».
En adoptant le projet de rapport de Dennis de Jong (GUE/NGL, néerlandais) sur le rôle des lanceurs d’alerte dans la protection des intérêts financiers de l’UE (EUROPE 11700), le PE « déplore que la Commission se soit, pour l’instant, montrée incapable de présenter une proposition législative visant à fixer un niveau minimal de protection pour les lanceurs d’alerte européens ».
Les eurodéputés soulignent que les lanceurs d’alerte contribuent dans une large mesure à améliorer la qualité démocratique des institutions publiques et la confiance qui leur est portée en les rendant directement responsables devant les citoyens et davantage transparentes. Le PE fait observer que seuls quelques États membres se sont dotés de systèmes suffisamment avancés de protection des lanceurs d’alerte. Il faudrait, selon, le PE, promouvoir une culture éthique dans laquelle les lanceurs d’alerte ne sont pas victimes de représailles ni de conflits internes.
Journalisme d'investigation. Le PE souligne, par ailleurs, le rôle déterminant du journalisme d’investigation et demande à la Commission de veiller, dans sa proposition, à assurer aux journalistes d’investigation la même protection que celle prévue pour les lanceurs d’alerte.
Enfin, le PE souligne la nécessité de mettre en place, pour aider les lanceurs d’alerte, un organe européen indépendant de collecte d’informations, de conseil et de consultation, doté de bureaux dans les États membres aptes à recevoir les signalements d’irrégularités et demande l’ouverture d’un site Internet permettant d’introduire des plaintes. (Lionel Changeur)