Pour son premier déplacement officiel en dehors de son pays, le nouveau président autrichien, Alexander Van der Bellen, a livré devant les eurodéputés, mardi 14 février à Strasbourg, un vrai plaidoyer en faveur de l’Union européenne, lui qui a rappelé avoir battu son adversaire issu de l’extrême droite, Norbert Hofer, en se fondant justement sur les valeurs de l’UE.
Rappelant ses origines, sa mère étant Estonienne et son père Russe, le président autrichien, membre des Verts, s’est décrit comme une combinaison de « heureux hasards » à l’image de ce qu’est l’Union aujourd’hui. Il a appelé à défendre l’idée européenne, car celle-ci « vaut toutes les peines ».
M. Van der Bellen a insisté en préambule sur le fait que l’on pouvait à la fois « aimer sa patrie » et aimer l’Europe. Il a mis en garde contre les tendances actuelles, qui sont à « la mode » et selon lesquelles il faudrait choisir entre les deux. Choisir entre « les besoins de ses concitoyens et ceux des autres » est un choix qui « nous mène à l’impasse », a-t-il insisté. Selon lui, « on peut vivre dans sa patrie et aimer l’idée européenne, on peut aider nos compatriotes et aider les autres ».
Il a témoigné aux députés de sa « confiance dans les forces européennes », estimant qu'on pouvait « très bien militer pour l’Europe plutôt que de laisser le terrain aux europhobes ». « On ne règlera rien avec le nationalisme, au contraire, on créera de nouveaux problèmes », a-t-il lancé comme avertissement.
Rappelant que les Européens doivent être fiers d’avoir su construire la paix et le respect mutuel, le président autrichien a appelé les hommes politiques du moment à ne pas détruire l’idéal européen et à le préserver pour les plus jeunes générations. « Ça ne prend que quelques minutes pour abattre un arbre, mais des décennies pour le faire repousser », a-t-il cité comme adage.
Il a finalement tenu à mettre en garde contre les tactiques de division issues des pays tiers et visant à affaiblir la puissance de négociation de l’UE. Il a souligné, sur ce point, la grande faiblesse de négociation des pays membres qui seraient tentés d’agir individuellement. (Solenn Paulic)