Plusieurs députés européens des principaux groupes politiques, ont estimé, mardi 14 février, lors d’un débat en session plénière, que l’Union européenne devrait prendre des sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie (EUROPE 11720), alors que la situation dans l’est de l’Ukraine ne s’améliore pas (EUROPE 11717).
« Dire qu’il y a une détérioration est un euphémisme, il y a une escalade, une guerre contre l’Europe », a souligné la Lettone Sandra Kalniete, au nom du PPE, rappelant que plus de 10 000 personnes étaient mortes depuis le début du conflit. Tout comme Johannes Cornelis van Baalen (néerlandais) au nom de l'ADLE, Mme Kalniete a appelé au renforcement des sanctions si la situation se poursuit. « L’unité de l’UE et la détermination transatlantique sont à l’épreuve. Il faut arrêter Poutine avant qu’il ne s’en prenne à d’autres pays européens. Les sanctions économiques ont été les seules mesures de dissuasion jusqu’à maintenant. Il faudrait les prolonger si la situation continue et même augmenter l’intensité de ces mesures », a expliqué la députée européenne lettone. « Les gens meurent et à Rome, à Paris, à Prague, on parle de lever les sanctions contre la Russie. (…) Si l’Europe renonce aux sanctions, cela veut dire qu’elle renonce à une partie d’elle-même », a souligné l’Allemande Rebecca Harms pour les Verts. Dénonçant le jeu « vicieux » du président Vladimir Poutine, Anna Elżbieta Fotyga (polonaise), au nom de la CRE, a rappelé que les Européens étaient aux côtés des Ukrainiens, espérant que l’UE revoie sa politique sélective envers la Russie.
Et alors que Knut Fleckenstein (S&D, allemand) s’est interrogé sur le manque d’initiatives prises par l’UE pour soutenir les accords de Minsk, Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand) a estimé qu’il manquait un mécanisme d’incitation aux accords de Minsk. « Nous devons évoquer les racines de l’échec potentiel de Minsk 2. Les accords ont été conçus comme un processus ouvert, avec des étapes logiques. On s’en est remis aux intéressés dans le cadre du format Normandie en se contentant de veiller au grain. Un tel mécanisme ne fonctionne pas s’il n’y a pas un mécanisme d’incitation pour les deux parties », a-t-il expliqué, rappelant que les deux parties devaient mettre en œuvre les accords. Il a également dénoncé la corruption en Ukraine. Une corruption également mise en avant par Jean-Luc Schaffhauser (français), au nom de l’ENL, qui a qualifié le gouvernement ukrainien de « pouvoir corrompu et mafieux » et condamné une dégradation de la situation politique et économique dans le pays.
Par ailleurs, le commissaire à l’Aide humanitaire Christos Stylianides se rendra dans l’est de l’Ukraine la semaine prochaine près de la ligne de contact pour envoyer un message aux populations locales, a annoncé le secrétaire parlementaire pour la Présidence de l’UE, Ian Borg, qui s’exprimait au nom de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, souffrante. (Camille-Cerise Gessant)