La révision de l’accord d’association UE-Algérie, lancée il y a près de deux ans, sera finalisée en mars prochain, a affirmé, lundi 13 février à Alger, le directeur général de la coopération avec l’Europe, Ali Mokrani.
Une session du Conseil d’association sera convoquée à proximité de cette date. Ce serait alors l’annonce d’un redémarrage d’une coopération qui peine à atteindre la vitesse de croisière. L’UE attache un grand intérêt à ce pays important fournisseur de pétrole et gaz et qui a potentiellement un rôle central dans la sécurité sur son flanc sud.
Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, sera reçu mercredi à Bruxelles par la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, puis par le commissaire en charge de la Politique de voisinage, Johannes Hahn. Son intention, d’après des sources directes, est d’évoquer la situation dans la région, en particulier la Libye, dont le sort est l’enjeu d’initiatives diplomatiques des pays voisins fortement mobilisés. L’avenir du Maghreb sera à l’ordre du jour, en particulier depuis que le roi du Maroc a dit, au récent sommet de l’Unité Africaine que l’institution panmaghrébine était à bout de souffle, « éteinte » alors que l’UE focalise davantage son attention sur la Méditerranée occidentale, relativement exempte de conflits, sauf au Sahara Occidental. Le précédent juridique imposé par la Cour de justice européenne à ce sujet sera sans nul doute évoqué. Alger joue un rôle direct aux côtés du Polisario et entend influer sur la position extrêmement prudente de l’UE.
Sur le plan des relations directes, l'Accord d'association, signé en 2002, a été mis en œuvre tardivement (septembre 2005) et finalement soumis à une demande algérienne de révision. Alger a estimé au bout de dix ans d’application qu’il était déséquilibré et n’a pas produit commercialement – statistiques à l’appui - de bénéfices. L’Algérie reste exportatrice d’hydrocarbures à 96% de ses ventes et n’a que faiblement attiré des investisseurs européens. Le gouvernement a, depuis, révisé son cadre d’accueil, les choix ne seraient cependant ni définitifs ni convaincants en interne comme en externe (avec l’UE comme avec l’OMC, avec laquelle les négociations traînent depuis de longues années).
La coopération a certes, en d’autres domaines, repris avec dynamisme, élargie à l’énergie et à la sécurité avec, aussi, le projet d’un endiguement commun des flux de migrants clandestins venus d’Afrique subsaharienne. Un dialogue politique est régulièrement convoqué et couvre tous les sujets, internes et externes, dont la question des droits de l’Homme, sujet sensible dans cette relation.
L’Algérie et l’UE vont « valider un document de référence qui contient des lignes directrices pour que les relations soient de plus en plus renforcées et apaisées », rapportent les médias du pays citant M. Mokrani. « L'évaluation de cet accord va permettre aux deux partenaires de 'centrer leurs relations', durant les prochaines années, sur un 'rééquilibrage des intérêts', économiques notamment, pour la diversification de l'économie algérienne », selon ce haut fonctionnaire. « Nous sommes en train de travailler sur la prochaine programmation financière (2017-2020) qui viendrait accompagner les conclusions communes. Nous aurons ainsi réussi à remettre sur les rails l'Accord d'association », a estimé M. Mokrani dont les déclarations sont rapportées par les médias du pays.
La diversification de l'économie sera un objectif important de cette approche pour corriger le déséquilibre déploré par les Algériens. L'énergie sera au centre de cette coopération. Elle restera un « secteur clé » axé sur l’objectif de « diversification de l’offre énergétique avec le développement des énergies renouvelables », peut-on lire. Une rencontre ministérielle sur l’énergie serait envisagée, apprend-on. (Fathi B’Chir)