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Bulletin Quotidien Europe N° 11716
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ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

Les progrès réalisés sont importants, mais le processus de réforme devrait être accéléré, selon Ivan Mikloš

Le co-président du groupe consultatif stratégique pour le soutien aux réformes ukrainiennes (Strategic Advisory Group for Supporting Ukrainian Reforms - SAGSUR) et ancien ministre slovaque des Affaires étrangères, Ivan Mikloš, a affirmé, mercredi 1er février à EUROPE, que l'Ukraine avait réalisé des progrès « vraiment significatifs » depuis trois ans et les évènements de Maidan, mais qu'elle devrait néanmoins accélérer le processus de réforme.

C’est la première fois dans son histoire contemporaine, que « l’Ukraine fait de vrais changements pour faire fonctionner l’économie de marché et pour avancer dans l’intégration européenne », a-t-il souligné. Ainsi, « ce qui a été fait depuis ces trois dernières années, notamment depuis l’an dernier, est vraiment remarquable, en particulier dans le domaine de la stabilisation macro-économique, mais aussi (dans le domaine) de la défense, du militaire ». Avant ces premiers changements, la situation était « vraiment désespérée ».

En effet, en un an, l’Ukraine a, par exemple, réduit son déficit budgétaire de plus de 10% en 2014 à moins de 3% en 2015. « Ce sont des résultats énormes », a-t-il estimé. En parallèle, l’inflation a été stabilisée. L’Ukraine a aussi assaini son système bancaire, avec la fermeture de 80 des 180 banques du pays. Des réformes ont été faites concernant la réforme du secteur de l’énergie avec la dérégulation des prix. « Ces réformes sont les plus importantes mesures anti-corruptions prises », a dit M. Mikloš, car ses secteurs étaient gangrenés par la corruption.

Accélérer les réformes

« Bien sûr, je ne dis pas que tout est parfait, (car) il y a de nombreux problèmes. Cela pourrait aller plus vite, mais c’est un processus politique, ce n’est pas facile », a-t-il noté, en ajoutant que la situation plutôt compliquée en Europe comme en Ukraine devait être vue comme une raison supplémentaire d'accélérer les réformes.

Il a également mis en avant la nécessité de réformes dans plusieurs domaines, notamment concernant le marché de la vente des terres agricoles, la protection des droits de propriété ou encore la privatisation. « Il n’y a pas eu de privatisation depuis 11 ans en Ukraine. C’est un secteur énorme, inefficace et corrompu. Il y a actuellement plus de 3300 entreprises d’État en Ukraine, dont 1500 ne fonctionnent pas. Et sur les 1800 qui fonctionnent, nombre d’entre elles ne sont pas efficaces », a-t-il estimé. Un autre secteur prioritaire est celui de la dérèglementation. « La règlementation artificielle était énorme. C’est une source de corruption et cela détruit également l’égalité des chances, et la concurrence juste et équitable », a-t-il jugé.

Mais, le processus de réforme fait face à une communication difficile entre le gouvernement et le Parlement (la Verofnara Rada). Si le Parlement soutient en principe le gouvernement, en pratique, ses membres ne votent pas forcément en faveur des réformes proposées. Sous le gouvernement d'Arseni Iatseniuk, en 2015, seulement 37% des propositions législatives ont été adoptées.

Selon M. Mikloš, on pourra dire que l’Ukraine a accompli les réformes nécessaires quand le pays sera une véritable économie de marché. « Je pense que dans 2 ou 3 ans, si les réformes continuent, on sera capable de dire que les questions les plus importantes ont été résolues et qu’il y a une solide base pour le développement d’une économie de marché qui fonctionne », a-t-il ajouté. Il est prévu que la réforme de la justice soit conclue d’ici à 18 mois, que la réforme du marché des terres soit en place le 1er janvier 2018, alors que le processus de privatisation devrait prendre au moins deux ou trois ans.

Le SAGSUR, qui est composé de 11 membres, a été créé en avril dernier, après la formation du gouvernement de Volodymyr Groysman, à la demande du président Petro Porochenko et du Premier ministre. Financé par l’UE et la BERD, le groupe a pour objectif de conseiller le président et le Premier ministre concernant les réformes à mener dans le pays. (Camille-Cerise Gessant)

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