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Bulletin Quotidien Europe N° 11716
CONSEIL EUROPÉEN / États-unis

Transformer des déclarations inquiétantes en nouvelles opportunités pour l'Europe

Les leaders européens tenteront de trouver une riposte coordonnée aux récentes décisions et déclarations de l'administration Trump susceptibles de les diviser et de remettre en cause les fondements des relations transatlantiques, vendredi 3 février, lors d'un sommet informel La Valette.

La démarche du nouveau président américain, Donald Trump, consistant à penser d'abord aux États-Unis inquiète les Européens (EUROPE 11714) et les oblige à réfléchir sur l'évolution de leurs liens avec la première puissance mondiale et sur ce qu'ils aspirent à faire ensemble pour peser encore à l'échelle de la planète. Selon plusieurs pays, dont la France, l'Europe doit désormais prendre son destin en main et ne plus s'en remettre aux États-Unis pour assurer sa sécurité. 

À La Valette où le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, devrait évoquer sa récente rencontre avec le milliardaire américain (voir autre nouvelle), les dirigeants européens pourraient réaffirmer leur croyance dans les bienfaits du libre-échange, qui doit aussi être équitable selon M. Tusk. La Commission a d'ailleurs annoncé, mercredi, l'accélération des négociations commerciales avec le Mexique, pays voisin des États-Unis qui risque de faire les frais d'un nouveau protectionnisme américain (voir autre nouvelle).

S'ils restent unis, les Européens pourraient aussi appeler au respect des sanctions visant la Russie depuis l'annexion de la Crimée, au maintien de l'accord sur le nucléaire iranien et à la concrétisation de l'Accord de Paris sur le climat. Le respect de l'égalité de traitement entre Européens, à travers le décret 'anti-immigration' américain, constitue un autre élément potentiel de discorde transatlantique malgré les assurances des autorités américaines, alors que les Européens réfléchissent aussi aux moyens d'endiguer les flux migratoires illégaux provenant de Libye. Toutefois, réaffirmer certains principes tels que les droits fondamentaux sur lesquels se base notre politique européenne est une façon de répondre, en creux, à la nouvelle politique américaine, veut croire un haut diplomate national.

Au nom de la Commission européenne, le commissaire à l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, a souligné la nécessité de « chérir » l'héritage des relations transatlantiques, mercredi 1er février. Néanmoins, il a estimé que l'Europe devait constituer « une ancre de stabilité dans un monde en mutation ». « Nous n'avons jamais été autant submergés par les appels de toute part à faire preuve de leadership en particulier en matière de changement climatique, de transition énergétique, d'échanges commerciaux libres et équitables, de fourniture d'aide au développement ciblée et de lutte pour un multilatéralisme effectif basé sur le droit, des valeurs modernes et un système efficace d'organisations internationales », a-t-il noté, convaincu que « les leaders à La Valette confirmeront ces ambitions ».

La première rencontre programmée entre des dirigeants européens et le président américain pourrait avoir lieu au prochain sommet de l'OTAN, si celui-ci est confirmé au printemps ou, au plus tard, début juillet, lors du sommet du G20 à Hambourg. (Mathieu Bion avec Jan Kordys)

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