Dans le cadre de la consultation publique sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC), le groupe de réflexion Momagri a souhaité souligner, mercredi 1er février, le succès de la mesure de réduction de la production laitière (EUROPE 11714).
La Commission européenne a autorisé les producteurs européens de lait à réduire leur production, contre une aide minimum de 14 centimes d’euros par litre de lait non produit. L’objectif était de rééquilibrer le marché en réduisant de 2,8% la production au sein de l’UE au quatrième trimestre 2016 (EUROPE 11648).
Momagri précise, dans un communiqué, que 27 des 28 membres de l’UE ont activé la procédure, en utilisant, de plus, la possibilité de compléter le montant européen. La France a ainsi choisi de porter à 24 centimes le montant de l’aide au litre de lait non produit dans la limite de 5% de la production.
La Belgique, l’Irlande et le Portugal ont le plus sollicité la mesure
Momagri a construit un indicateur de participation au programme basé sur la synthèse de deux variables : la part de la production devant être réduite et la part d’éleveurs engagés dans chaque État membre.
La Belgique arrive en première position, ce qui montre le très fort engagement des producteurs belges qui sont 45,5% à avoir adopté la mesure pour réduire la production de 3,3%. L’Irlande et le Portugal complètent le podium. Se classent après la France (32,3% des producteurs et 2,9% de volumes engagés) et l’Allemagne (18,4% des producteurs et 3,6% de réduction).
« La remontée des prix observée actuellement s’explique en partie par la mesure de réduction de la production laitière qui aura coûté 150 millions d’euros » (sans compter les compléments que les États membres ont choisi d’apporter), estime Momagri. Il s’agit, selon le think tank, d’un montant « bien modeste pour remettre sur les rails une filière laitière européenne qui représente 97 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel » (source Eurostat).
Momagri estime que cette mesure aurait pu être mise en place plus tôt. Cela aurait évité de faire exploser les stocks de poudre de lait (à 355 000 tonnes) pour un coût dépassant les 600 millions d’euros. Et Momagri de conclure que ce programme aura également atteint un second objectif : prouver que « la régulation n’est pas morte » (EUROPE 11637). (Lionel Changeur)