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Bulletin Quotidien Europe N° 11713
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POLITIQUES SECTORIELLES / Économie circulaire

Les objectifs ambitieux de recyclage des déchets votés par les députés divisent l'industrie

Une fois n’est pas coutume, une partie de l’industrie européenne - celle du recyclage et l'industrie productrice de matériaux recyclables - et les ONG environnementales se rejoignent pour saluer le vote ambitieux de la commission de l’environnement du Parlement européen sur la révision des directives 'Déchets' de l’UE - élément clé du paquet 'Économie circulaire' de décembre 2015. Les perspectives d’emploi escomptées sont particulièrement saluées par l’industrie du recyclage comme par les ONG, qui ont, en outre, immédiatement salué les bénéfices à en attendre pour l’environnement aussi. Les PME des secteurs produisant beaucoup de déchets redoutent, elles, d'en faire les frais.

Les députés ont demandé que, d’ici à 2030, au moins 70 % des déchets municipaux (en provenance des ménages et de l’industrie) soient obligatoirement recyclés ou préparés pour la réutilisation (contre 65% proposés par la Commission). Pour la même échéance, ils veulent  aussi : - un objectif de recyclage de 80% des déchets d’emballages (comme le papier et le carton, le plastique, le verre, le métal et le bois), avec des objectifs intermédiaires en 2025 pour chaque matériau ; - la limitation à 5% de la proportion de déchets municipaux résiduels mis en décharge (contre 10% dans la proposition de la Commission), une réduction volontaire de 50% du gaspillage alimentaire par rapport à 2014 (et de 30% d’ici à 2025) et la même chose pour les  déchets marins.

Invité jeudi 26 janvier par la presse européenne à commenter ce vote, le vice-président de la Commission européenne chargé du développement durable, Frans Timmermans, a exprimé à demi-mot des doutes quant à la possibilité qu’un vote aussi ambitieux soit suivi par le Parlement européen et les États membres.

 « Nous sommes tout à fait ouverts, mais nous pensons que notre proposition a plus de chances de trouver un accord au Parlement et au Conseil. Ce que nous proposons est proche des limites acceptables. Nous verrons ce qui est possible », a-t-il déclaré, répondant en ces termes à une question qui lui avait été posée lors de la présentation du nouveau ‘mini paquet’ sur l’économie circulaire (EUROPE 11712).

Le Parlement européen se prononcera sur ce dossier lors de la session plénière du 13 au 16 mars à Strasbourg.

La Confédération des industries européennes du papier (Cepi) a salué ce vote, estimant que son résultat « renforce les fondations d’une véritable économie circulaire ». Le Cepi salue en particulier l’appel à mesurer les taux réels de recyclage dès le début du processus final de recyclage. Sont également jugés bienvenus : - l’appel à des normes de qualité et de traçabilité dans la chaîne de recyclage du papier, « ce qui renforcera les investissements ciblés et facilitera un fonctionnement efficace du marché des matières premières secondaires en Europe » ; - le renforcement de la collecte séparée qui « encouragera un recyclage de qualité et stimulera l’économie circulaire en Europe » ; - l’appel aux États membres à promouvoir l’utilisation d’emballages recyclables biologiques. Le Cepi précise toutefois qu’il compte bien analyser plus avant « les différences énormes » entre les objectifs fixés à des types d’emballages concurrents.

L’association professionnelle des producteurs européens d’aciers pour emballages (Apeal) voit dans le vote de la commission parlementaire de l'environnement un grand pas vers des taux de recyclage plus élevés et la création de nouveaux emplois, ainsi que des économies pour les entreprises qui, estime-t-elle, bénéficieront ainsi d’une plus grande sécurité pour leur approvisionnement en ressources.

« Mettre en œuvre le paquet 'Économie circulaire' rapidement apportera de nombreux bénéfices, en particulier : une approche harmonisée à l’échelle de l’UE, une plus grande sécurité juridique et un marché intérieur plus viable pour les entreprises », souligne le Secrétaire général de cette association, Alexis Van Maercke, dans un communiqué.

Les PME du secteur de la construction, elles, sont aux abois, et demandent au minimum de pouvoir bénéficier d'un délai d'adaptation et de voir prise en compte leur situation technique, économique et environnementale. Par la voix de l'EBC (European Builders Confederation) les PME du secteur de la construction représentées (Construction SME’s Europe) ont fait savoir qu’elles étaient opposées à l’idée d'objectifs additionnels pour les déchets de la construction et les déchets de démolition, et rejetaient toutes les dipositions relatives à la responsabilité élargie des producteurs, estimant que le manque de mesures d'accompagnement et de faisabilité compromettra leur compétititvité. « La sécurité juridique pour l'avenir est importante, certes, mais la législation doit laisser du temps à nos entreprneurs de s'adapter au nouveau cadre et doit se baser sur une évaluation cohérente de la situation actuelle. Les PME doivent avoir accès aux meilleurs techniques disponibles pour faire du réemploi et du recyclage des déchets une réalité », a déclaré le Secrétaire général d'EBC, Riccardo Viaggi. Le secteur représente 30% des déchets de l'UE. (Aminata Niang)

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