L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) estiment, dans un avis publié mardi 24 janvier, qu’il est temps de réduire, de remplacer si possible et de repenser l’utilisation d’antimicrobiens dans le système de production animale.
Ces agences admettent qu’il n’existe pas de solution unique. Les stratégies qui donnent de bons résultats se fondent sur une approche intégrée et multidimensionnelle qui tient compte du système local de production animale et implique toutes les parties prenantes concernées – du gouvernement jusqu’à l’agriculteur, conseillent l’EFSA et l’EMA.
Parmi les stratégies qui ont fait leurs preuves, elles citent : - l’établissement d’objectifs nationaux de réduction de l’utilisation d’antimicrobiens ; - mis à part pour certains cas exceptionnels, l’interdiction de leur usage préventif ; - l’utilisation uniquement en dernier recours chez les animaux des antimicrobiens d’importance critique pour la médecine.
Repenser le système d’élevage
Et de manière plus générale, les deux agences estiment qu’il est nécessaire de repenser le système d’élevage en mettant en œuvre des pratiques agricoles qui empêchent l’introduction et la propagation des maladies dans les fermes et en réfléchissant à des systèmes agricoles alternatifs viables avec une utilisation réduite d’antimicrobiens.
Des indicateurs pour vérifier la réduction de l'utilisation des antimicrobiens
En février prochain, l’EFSA et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publieront leur rapport annuel sur les niveaux de résistance aux antimicrobiens dans les aliments, chez l’animal et chez l’homme.
L’EFSA, l’EMA et l'ECDC publieront en juillet prochain un rapport qui évalue le lien entre la consommation d'antimicrobiens et le développement d'une résistance dans les bactéries présentes chez l’animal et l’homme.
D’ici à la fin de l'année, les trois agences proposeront également une liste d'indicateurs permettant aux gestionnaires du risque de contrôler la réduction de la résistance aux antimicrobiens et de l'utilisation d’antimicrobiens chez l’homme, chez les animaux producteurs de denrées alimentaires et dans les aliments.
La Présidence maltaise du Conseil de l'UE souhaite faire des progrès au cours du semestre au sujet de la révision de la législation sur les médicaments vétérinaires et les aliments médicamenteux, deux textes qui visent, justement, à renforcer la lutte contre les résistances aux antibiotiques. (Lionel Changeur)