En marge de la deuxième session des pourparlers au plan technique pour un accord de libre-échange UE/Indonésie, cette semaine à Djakarta, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a souligné, jeudi 26 janvier, l'importance de sceller un accord commercial avec ce marché dynamique de 250 millions d'habitants, auquel l'Australie et d'autres pays du Partenariat transpacifique (TPP), désormais lâchés par les États-Unis de Donald Trump, souhaitent ouvrir la porte.
« Le marché indonésien représente sans aucun doute un potentiel d'affaires immense. Notre ambition est de conclure un accord économique bilatéral qui facilite le commerce et l'investissement et couvre un large éventail de questions », incluant les droits de douane, les barrières réglementaires, les services, les marchés publics, les règles de concurrence, les droits de propriété intellectuelle, les règles de développement durable et l'investissement, explique Mme Malmström sur son blog.
« Il va sans dire qu'il s'agit d'une négociation difficile, et nous avons beaucoup de travail à faire avant que nous puissions conclure. Mais les raisons d'un accord sont claires - avec plus d'un tiers du PIB de la région, l'Indonésie est aussi la plus grande économie de la zone ASEAN », ajoute-t-elle.
La valeur des échanges bilatéraux de marchandises dépasse les 25 milliards d'euros par an : les importations de l'UE se composent de produits agroalimentaires, d'appareils, de textiles et chaussures, de matériaux en plastique et en caoutchouc, tandis que l'UE exporte divers biens industriels - machines, voitures, produits chimiques, dont deux tiers proviennent d'Allemagne, de France et d'Italie.
Avec un stock d'investissements directs étrangers de près de 26 milliards d'euros dans le pays, l'UE est deuxième investisseur en Indonésie (après Singapour) ; « il est donc utile d'améliorer les règles bilatérales en vigueur dans ce domaine », estime aussi Mme Malmström.
Les négociations pour un accord de libre-échange ont été lancées en juillet 2016 (EUROPE 11596). Après un premier round des négociations en septembre 2016 (EUROPE 11632), négociateurs européens et indonésiens abordaient cette semaine tous les sujets couverts par le futur accord. L'UE devait présenter des propositions spécifiques pour plusieurs chapitres, a indiqué Mme Malmström.
En marge du round, l'UE a organisé, le 20 janvier à Djakarta, un atelier dédié à sa proposition de Cour spéciale pour l'investissement (ICS) afin d'arbitrer les litiges entre investisseurs et États.
À l'issue du round, les fonctionnaires de la Commission et de l'administration indonésienne devraient se retrouver dans le cadre d'un groupe de travail bilatéral sur le commerce et l'investissement pour discuter des différends commerciaux.
En 2016, l'UE a relevé plusieurs barrières à l'accès au marché indonésien pour ses entreprises telles qu'un système lourd de licences d'importation non automatique, agissant comme des restrictions à l'importation pour plus de 800 produits, des procédures lourdes d'autorisation en matière sanitaire et phytosanitaire, des exigences de contenu local dans les marchés publics et plusieurs secteurs (télécoms, pétrole et gaz, distribution, assurances), ainsi qu'un décret de l'organisme indonésien de normalisation visant les vêtements pour bébés et pour enfants. (Emmanuel Hagry)