Le collège des commissaires va se saisir, mercredi 21 décembre, de la situation de l’État de droit en Pologne et des suites à donner au rejet par le gouvernement polonais des recommandations formelles que lui avait adressées la Commission européenne (EUROPE 11657).
Cette discussion va se tenir à la demande du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a indiqué la porte-parole de l’institution, Mina Andreeva, lundi. Cette décision a été prise notamment en raison des évènements du week-end, qui ont confirmé l’urgence de débattre au plus haut niveau de la situation en Pologne.
Plusieurs milliers de personnes se sont en effet réunies samedi devant le palais présidentiel à Varsovie pour défendre la liberté de la presse, menacée, selon les manifestants, par le pouvoir et par un règlement limitant l’accès des médias au Parlement. Les manifestants voulaient aussi dénoncer des fraudes présumées au Parlement lors de votes intervenus le 16 décembre. Ce jour-là, des manifestants avaient d’ailleurs bloqué la sortie du Parlement à des officiels du gouvernement.
La Commission européenne n’a toutefois pas précisé lundi ses intentions et, notamment, la possibilité de déclencher contre la Pologne l’article 7 du Traité de l’UE pouvant conduire à suspendre les droits de vote d’un pays au Conseil. Il existe plusieurs étapes avant cette option « nucléaire », rappelle l’exécutif. Le collège discutera de la réponse à donner, alors que le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en charge du dossier, avait indiqué récemment que le dialogue avec Varsovie n'avait rien donné (EUROPE 11690). (Solenn Paulic)