Les ministres européens des Affaires étrangères sont en faveur d’un renforcement du partenariat stratégique avec l’Afrique, notamment pour développer la dimension économique et politique des relations euro-africaines. Ils ont exprimé cette volonté lors d’un débat exploratoire sur les relations futures entre l’UE et le continent africain, axé sur les mutations politiques et sociétales, les investissements dans la croissance inclusive, les défis de la sécurité et les causes profondes des migrations, lundi 12 décembre à Bruxelles. C’était « un jour de l’Afrique », selon la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.
« Nos relations avec l’Afrique sont d’importance stratégique pour nous et ne sont pas seulement centrées sur la migration, mais aussi sur le développement économique et la sécurité. Nous voulons accroître notre engagement envers l’Afrique », a déclaré la Haute Représentante à l’issue de la session en soulignant que les relations futures mettront un fort accent sur « les jeunes et les femmes ».
Les résultats de cette discussion alimenteront la communication conjointe de la Commission et du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) sur les priorités stratégiques de l'UE, attendue au printemps, en vue du Sommet UE/Afrique prévu en automne 2017, mais aussi dans la perspective du G20 sous présidence allemande et du G7 en Italie. Ces priorités devront être conformes à la stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE, présentée en juin 2016 par la Haute Représentante, « Vision partagée, action commune : une Europe plus forte » (EUROPE 11581), et au nouveau 'Consensus européen pour le développement' (consensus entre le Parlement, le Conseil et la Commission), dont les contours ont été esquissés par les ministres européens du Développement pour le compte du Conseil (EUROPE 11677, 11673).
« Je crois que, compte tenu de la situation migratoire, nous devons avancer dans les pactes avec les cinq pays. Je dis toujours que l’Afrique n’est pas seulement un partenaire en développement, mais aussi que nous devons avancer au plan politique et économique », a déclaré à la presse le ministre du Luxembourg, Jean Asselborn.
La Haute Représentante a justement fait le point avec les ministres sur les « premiers résultats obtenus » dans les partenariats sur la migration conclus entre l’UE et les cinq pays africains d’origine et de transit identifiés comme prioritaires (Éthiopie, Mali, Nigéria, Niger, et Sénégal), comme elle le fera au Conseil européen du 15 décembre. Le premier accord de retour des migrants irréguliers originaires du Mali signé à Bamako à la veille du Conseil Affaires étrangères est au nombre de ces avancées (voir autre nouvelle), tout comme la conférence sur la sécurité récemment organisée au Sénégal.
L’accord politique sur le Fonds européen pour le développement durable, qui devrait être formalisé par le Conseil Affaires générales mardi 13 décembre, permettra de débuter les négociations avec le Parlement sur ce premier pilier du fonds d’investissement extérieur, principalement dédié à l’Afrique. Le Conseil européen devrait s'en féliciter. (Aminata Niang)