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Bulletin Quotidien Europe N° 11687
ACTION EXTÉRIEURE / Rdc

L’UE sanctionne immédiatement sept responsables de violences pour mettre la pression sur Joseph Kabila

Redoutant une escalade de la violence en République démocratique du Congo (RDC) d’ici au 19 décembre, date d’échéance du deuxième mandat constitutionnel du président Joseph Kabila qui s’accroche au pouvoir, les ministres européens des Affaires étrangères ont été unanimes, lundi 12 décembre à Bruxelles, à juger opportun d’adopter, sans attendre le 19 décembre, des sanctions de l’UE ciblées sur 7 responsables de violences commises en septembre dernier (EUROPE 11686).

La liste de ces personnes soumises à des mesures restrictives d’application immédiate - un gel de leurs avoirs et des restrictions de visas dans l’UE – a été adoptée par le Conseil en même temps qu’une déclaration exprimant les « profondes préoccupations » de l’UE et des Vingt-huit face à l’incertitude entourant les élections et aux « risques après les récents épisodes de répression et de violations des droits fondamentaux ».  

Le Conseil a ainsi mis à exécution la menace brandie en mai et en octobre derniers. Il a décidé de viser « 7 personnes occupant des positions de responsabilité dans la chaîne de commandement des auteurs de violence ». La liste nominale a été publiée dans le Journal officiel de l'UE. Sont sanctionnés : le commandant de la garde républicaine, Ilunga Kampete ; le commandant de la première zone de défense de l'armée congolaise, Gabriel Amisi Kumba ; le commandant d'une unité anti-émeute, Ferdinand Ilunga Luyoyo ; le commissaire de la police nationale congolaise, Celestin Kanyama ; l'ancien inspecteur général de cette police, John Numbi ; le chef du département de la sécurité intérieure de l'agence nationale de renseignements, Roger Kibelisa ; le chef du service du renseignement militaire, Delphin Kaimbi.

Les responsables militaires sont accusés d'avoir contribué à des actes constituant de graves violations des droits de l’homme lors de la répression des 19 et 20 septembre derniers. Les autres sont accusés d'avoir fait obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique en vue de la tenue d’élections, notamment par des actes de violence, de répression ou d’incitation à la violence ou des actions portant atteinte à l’État de droit. 

Le Conseil indique que des sanctions supplémentaires pourraient suivre en cas d’obstruction du processus politique ou de nouvelles violences.

L’UE espère que ces sanctions seront dissuasives et de nature à inciter le président Kabila à organiser des élections inclusives dans les plus brefs délais. Pour l’heure, même si un dialogue national doit reprendre avec la participation de tous les acteurs, dans le cadre de la médiation en cours de l’épiscopat congolais, l’incertitude demeure puisqu’aucune date n’a été fixée pour leur tenue.

« L’Union européenne et ses États membres sont gravement préoccupés par la situation politique en RDC. En vue de l’échéance du 19 décembre, l’UE appelle donc les Congolais à faire preuve de retenue et à privilégier la voie du dialogue en récusant toute violence », souligne la déclaration.

« Il faut que le Conseil mette un peu de pression pour que tous les acteurs aillent dans la même direction, qu’on puisse ouvrir le dialogue et aller vers des élections le plus tôt possible », avait déclaré  à la presse le ministre belge Didier Reynders, à son arrivée au Conseil. « Je crois qu’un gouvernement qui enfreint la Constitution agit contre son peuple » avait, quant à lui, fait valoir le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn

« D’ici au 19 décembre, nous craignons vraiment une escalade de la violence. Il faut à tout prix éviter cette violence et ça dépend beaucoup des décisions que le président en place sera amené à prendre dans les prochains jours, c'est-à-dire le respect de la Constitution, l’engagement à ne pas se représenter et tout faire pour organiser de nouvelles élections », a fait observer le ministre français, Jean-Marc Ayrault. Et d’ajouter : « J’espère vraiment de toutes mes forces et de tout mon cœur que la raison l’emportera, parce que la date du 19 décembre approche à grands pas ». (Aminata Niang)

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