L’UE a exprimé, lundi 12 décembre, sa profonde préoccupation face à l’escalade des violences et des atrocités au Soudan du Sud, souvent fondées sur des critères ethniques, et à la situation de détresse humanitaire de quelque 6 millions de personnes dans la plus jeune nation au monde, au bord du gouffre et menacée d’un risque de génocide, selon l’ONU.
Dans des conclusions adoptées sans débat, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, le Conseil de l'UE appelle le gouvernement de transition à protéger les civils, et toutes les parties à mettre un terme aux violations des droits de l’homme et du droit humanitaire international. « Alors que toutes les parties se préparent à de nouvelles campagnes militaires avec le début de la saison sèche, le temps manque pour trouver une solution. Les dirigeants ont maintenant une ultime chance d’éviter que la guerre ne reprenne, d’épargner de nouvelles souffrances à leurs populations et de parvenir à un règlement politique équitable et inclusif de leurs différends », souligne le Conseil.
Aussi exhorte-t-il toutes les parties à collaborer d’urgence aux efforts déployés par l’ONU, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et ses partenaires internationaux (IGAD Plus) pour permettre une sortie de crise. L’UE appelle toutes les parties à respecter totalement le cessez-le-feu et à dénoncer tout discours incitant à la haine ethnique.
« L’ampleur et l’intensité des combats opposant l’armée populaire de libération du Soudan, l’armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition et les groupes armés s’accroissent et font peser un risque de fragmentation totale » sur le pays, soulignent les conclusions. Quant aux atrocités - meurtres, mutilations des civils, privation de nourriture, viols et autres violences sexuelles, recrutement et utilisation d’enfants soldats ainsi qu’attaques contre les écoles, des hôpitaux et des travailleurs, le Conseil souligne qu’elles sont commises dans de nombreuses régions du pays. (Aminata Niang)