L'Union européenne et le Mali ont signé, dimanche 11 décembre, un accord sur le retour des migrants se trouvant en situation irrégulière, a annoncé, lors d'un déplacement à Bamako, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koendens, avant de signer ce dispositif au nom de l'UE.
Cet accord de retour, qui ne porte pas le nom officiel d'accord de réadmission ni n'en a la forme légale, est le premier du genre, a indiqué M. Koendens dans un communiqué. Cet accord a pour objectif de lutter contre « les causes profondes de la migration irrégulière » et « favoriser le retour des migrants maliens depuis l'Europe ». « C'est la première fois que l'UE établit des engagements aussi précis avec un pays africain à propos du retour des demandeurs d'asile refusés », a-t-il dit.
L'UE s'était lancée en juin dernier dans un programme de partenariats ciblés avec cinq pays africains (Nigeria, Niger, Mali, Éthiopie et Sénégal). Ce type de partenariats repose sur une combinaison d'actions de lutte contre l’immigration, de renforcement des retours de migrants irréguliers et d'aides au développement. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, doit établir une première évaluation générale de cette approche lors du Conseil européen du jeudi 15 décembre.
Répondant à l'invitation de son homologue malien, Abdoulaye Diop, cette visite du ministre néerlandais, menée au nom de la Haute Représentante, s'inscrit plus généralement dans le cadre du plan d'action adopté entre États européens et africains, décidé au sommet de La Valette sur l'immigration, en novembre 2015. L'UE avait aussi décidé à La Valette d'aider financièrement l'Afrique avec un fonds d'1,8 milliard d'euros.
L'accord UE-Mali comprend des initiatives pour aider les jeunes au travail, le renforcement des capacités des services de sécurité maliens et une meilleure collaboration avec les pays voisins pour lutter contre les réseaux de trafiquants d'êtres humains et pour améliorer le contrôle des frontières. Neuf projets, d'un montant de 145,1 millions d'euros, ont été adoptés.
Par ailleurs, « des fonctionnaires maliens se rendront dans les pays membres de l'UE pour aider à déterminer l'identité des migrants, afin d'accélérer leur retour », a précisé le communiqué, évoquant leur « réadmission et réintégration ». Le nombre de demandeurs d'asile originaires de plusieurs pays d'Afrique, dont le Mali, le Nigeria et la Gambie, a connu « une hausse considérable » en 2014, d'après l'Office statistique de l'UE (Eurostat). Originaires du Mali, ils étaient 12 945 en 2014 et 8 405 l'année suivante. (Solenn Paulic)