Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont pris acte, lundi 12 décembre à Bruxelles, du blocage actuel sur le dossier de l’agriculture biologique (EUROPE 11684, 11683).
Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a néanmoins estimé que le dossier de l’agriculture biologique n’était pas dans l’impasse et qu’il fallait continuer à travailler afin de parvenir à une solution, sous Présidence maltaise du Conseil au premier semestre 2017. « Je ne vais pas retirer la proposition et j’invite les institutions à faire preuve de souplesse », a-t-il dit.
Certains pays, comme la France, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, ou Chypre, ont estimé qu’un accord était encore possible, à condition de travailler encore le texte de compromis. D'autres ont estimé qu’il fallait s’accorder un délai de réflexion, jusqu’au début de l’année 2017, pour évaluer la marche à suivre en vue de poursuivre les négociations.
La quasi-totalité des ministres (dont ceux d’Autriche, de Belgique, du Danemark, de Bulgarie, du Royaume-Uni, de Croatie, de Chypre, de Slovénie, d'Italie…) a réitéré son opposition au souhait de la Commission d’introduire des seuils sur la présence de produits phytosanitaires dans les produits biologiques. Avant de mettre en place des seuils, il faut disposer des données nécessaires pour mesurer l’impact sur les filières, a nuancé la France.
L’Italie, la Belgique et la France, notamment, se sont opposées aux dispositions autorisant des cultures hors sol de produits bio (dans des bacs).
À l'opposé, le ministre autrichien, connu pour ses interventions musclées, a considéré que le dossier du bio était « mort ». La République tchèque a également souhaité que l’on arrête de s’entêter sur ce dossier négocié en vain depuis trois années. (Lionel Changeur)