Les enfants ont droit à la sécurité et au respect de leur vie privée. Or, les jouets connectés à Internet « Mon amie Cayla » et le robot « i-Que » enfreignent les droits des enfants, garantis par la législation de l’UE, qu’il s’agisse du droit des consommateurs, du droit à la vie privée ou de la sécurité des données personnelles, a affirmé le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) mardi 6 décembre.
Pour cette raison même, les organisations européennes et américaines de consommateurs ont introduit une plainte auprès des autorités nationales compétentes pour « ce qui semble être des infractions flagrantes aux droits des consommateurs ». Une lettre du BEUC a également été adressée à la Commission européenne, aux autorités européennes de protection des données, ainsi qu'au réseau international de contrôle et de protection des consommateurs (RICPC).
À la base de cette initiative : les résultats de l’examen des termes et conditions d’utilisation, ainsi que des caractéristiques techniques de ces deux jouets, réalisé par The Norwegian Consumer Council (NCC). Il sont éloquents. Des données parlées, collectées pendant l’utilisation des jouets, peuvent être partagées avec des tiers et utilisées pour de la publicité ciblée. Tout ce que l’enfant raconte à sa poupée est transmis à l’entreprise basée aux États-Unis – Nuance Communications, spécialisée dans la technologie de reconnaissance vocale. Plus préoccupant : le NCC a montré qu’il était possible d’utiliser un téléphone mobile pour parler à un enfant par le truchement de ces jouets en utilisant une connexion Bluetooth assurant le lien avec l’enfant jusqu’à vingt mètres de distance.
« Les enfants sont particulièrement vulnérables et sont en droit d’obtenir des produits et services qui respectent leurs droits en matière de sécurité et de vie privée. Aussi longtemps que les fabricants ne sont pas disposés à s’attaquer à ces questions, il est clair que ce type de produits connectés ne convient pas aux enfants », déclare Monique Goyens, directrice du BEUC.
« Nous devons garantir qu’ils ne conduisent pas à une exploitation cynique des enfants ou ne placent les enfants face à un danger encore plus grand », souligne Stephen Russel, Secrétaire général de L’ANEC, la voix des consommateurs européens dans la normalisation. (Aminata Niang)