Lors de la conférence sur les perspectives agricoles de l'Union européenne, mardi 6 décembre à Bruxelles, le président Jean-Claude Juncker a confirmé que la Commission adopterait avant la fin de l’année 2017 une communication sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC). Les principes de cette PAC devraient être maintenus, même si des ajustements sont nécessaires, a-t-il estimé.
M. Juncker a estimé que l’agriculture européenne était « devenue respectueuse de l'environnement et ses normes de qualité sont parmi les plus exigeantes au monde ». Il a vanté les mérites de cette politique qui permet de « protéger nos 22 millions d'agriculteurs et les 44 millions d'emplois qui dépendent directement et indirectement de l'agriculture ». « 44 millions, c'est deux fois plus que le nombre de personnes employées dans les secteurs d'avenir européens de l'automobile et de l'aviation réunis. Donc, l'agriculture, d'un point de vue emploi, est également un secteur d'avenir », a dit le président de la Commission. En outre, la PAC préserve un mode de vie européen et assume ses responsabilités en matière de solidarité, notamment lors de la crise qui a touché les secteurs du lait, de la viande porcine et des fruits et légumes.
Une PAC à ajuster et simplifier
M. Juncker a estimé que cette PAC « doit être maintenue quant à ses principes directeurs ». Elle doit évidemment pouvoir être ajustée ou complétée lorsque nous constatons des failles. Il a fait référence à la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire et répété qu’il ne pouvait se résoudre à l'idée que le prix du lait puisse être inférieur à celui de l'eau (EUROPE 11624). La Commission analyse les recommandations du groupe de travail sur les marchés agricoles « et j'ai demandé à mon ami Phil Hogan de voir quel enseignement nous pouvons en tirer pour la filière agricole qu'il faut continuer à soutenir », a souligné M. Juncker.
La PAC est une politique européenne à la fois fondamentale et indispensable, mais elle doit, selon le président de la Commission, être simplifiée pour alléger la charge administrative qui pèse sur les agriculteurs, modernisée pour « relever les défis du 21ème siècle » et elle doit répondre à nos objectifs de développement durable. « Simplification et modernisation sont, dès lors, les maîtres mots et l'objectif premier de la communication sur l'avenir de la PAC », a précisé le président de la Commission. Une consultation publique sera lancée en début d'année prochaine, pour contribuer au débat sur l'orientation que devrait prendre à l'avenir cette politique « stratégique d'une importance capitale », a conclu M. Juncker. (Lionel Changeur)