Les recommandations du Parlement européen relatives à la stratégie de l'UE pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et le stockage de gaz, préparées par le Hongrois András Gyürk (PPE) et adoptées en session plénière, mardi 25 octobre à Strasbourg, prônent une meilleure utilisation des capacités existantes de GNL et de stockage de gaz, une coopération régionale accrue pour bâtir de nouvelles installations, un soutien accru pour les régions les moins connectées et le développement d'un noeud infrastructurel gazier en mer Méditerranée et de partenariats gaziers avec l'Asie centrale, l'Afrique du Nord et les Amériques.
Dans sa résolution, le PE rappelle que la stratégie de l'UE pour le GNL et le stockage du gaz constitue un élément de l'Union de l'énergie. La Commission a proposé sa stratégie en février dans le cadre de la stratégie pour la sécurité gazière (EUROPE 11484, 11491).
Le PE souligne l'opportunité qu'offre le GNL pour la sécurité d'approvisionnement de l'UE, compte tenu des évolutions actuelles du marché du GNL où une offre excédentaire a entraîné un tassement des prix et un approvisionnement relativement meilleur marché.
Les députés souscrivent à l'évaluation de la Commission selon laquelle les pays des régions Baltique et d'Europe centrale et du Sud-Est et l'Irlande restent largement tributaires d'un seul fournisseur et sont exposés à d'éventuelles ruptures d'approvisionnement, et ils soulignent que la disponibilité du GNL pourrait améliorer considérablement la sécurité d'approvisionnement de ces pays.
Le PE demande à la Commission et aux États membres de promouvoir et d'encourager une plus grande efficacité et une meilleure utilisation des infrastructures existantes (y compris de stockage de gaz) avec une perspective transfrontalière avant de soutenir la construction de nouvelles installations.
Pour la construction de nouveaux terminaux de GNL, les députés soulignent la nécessité d'une coopération régionale accrue, notamment entre les pays ayant un accès à la mer et ceux n'ayant pas de littoral, et ils observent qu'une utilisation optimale des corridors Ouest-Est et Nord-Sud et qu'une capacité de flux inversés améliorée permettraient de diversifier les solutions d'approvisionnement en GNL.
Le PE invite aussi la Commission et les États membres à mettre en place des stratégies pour soutenir les installations pouvant être utilisées à l'avenir pour gérer le transfert et le stockage du gaz.
Dans la perspective d'une connexion accrue du GNL et des capacités de stockage aux marchés, le rapport Gyürk souligne l'importance et l'efficacité des travaux des groupes régionaux à haut niveau tels que le groupe pour l'interconnexion gazière en Europe centrale et du Sud-Est (CESEC), le groupe pour l'interconnexion dans la région de la mer Baltique (BEMIP) et le groupe pour l'Europe du Sud-Ouest (interconnexion France-péninsule ibérique).
Il insistent aussi sur l'importance de trouver des solutions d'approvisionnement énergétique rentables pour accroître la sécurité de l'approvisionnement dans les États membres situés à la périphérie de l'UE tels que Chypre, Malte et Irlande.
Dans ce contexte, les députés soulignent leurs inquiétudes à l'égard du projet de doublement du gazoduc Nord Stream-2 et alertent sur ses risques d'effets contre-productifs pour la sécurité énergétique et la diversification des sources d'approvisionnement et le principe de solidarité entre les Vingt-huit.
Au plan international, le PE recommande d'explorer de nouveaux partenariats gaziers avec l'Asie centrale, les Amériques et l'Afrique du Nord, de négocier avec de grands fournisseurs de GNL tels que l'Australie et les États-Unis (le TTIP étant important à cet égard), de collaborer étroitement avec les partenaires internationaux pour mettre en place un marché mondial du GNL.
Enfin, le PE appelle à fournir un financement adéquat à des activités de R&D pour le GNL et le stockage de gaz dans l'UE. (Emmanuel Hagry)